La Seyne sur Mer

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Charles Chincholle et les Communards

mardi 11 décembre 2018, par René Merle

Quatorze ans après la Commune, cinq ans après le retour des proscrits, alors que difficilement se reconstituent ou se constituent les différentes factions socialistes et que grandit, y compris parmi elles, la popularité du général Boulanger (un des bourreaux de la Commune !), le journaliste et romancier Charles Chincholle (1845 – 1902) publie Les survivants de la Commune, Paris, L.Boulanger, 1885.
Avec ce frétillant connaisseur de tout ce qui compte et de tout ce qui se passe dans la capitale, nous ne sommes pas ici, directement à tout le moins, dans le registre de la haine anti-communarde que l’on a pu rencontrer à chaud chez un Bourde, par exemple, que nous avons présenté sur ce blog. Bourde alignait les noms et désignait à la vindicte et à la répression. Chincholle, en bon journaliste d’investigation, propose simplement un état des lieux. Mais, on le sait, il existe différentes façons d’abattre l’adversaire. Pour mettre en valeur l’inanité de la Commune, au regard de ce qu’est devenue la France républicaine, Chincholle pratique une ironie bonhomme devant le quotidien de ces lutteurs désormais revenus à une légalité « bourgeoise » dans laquelle ils se reconnaissent plus ou moins. "Même s’ils continuent à parler haut et fort, et souvent à brandir encore le drapeau rouge, ces anciens combattants font plus sourire que trembler".

« Avant-Propos
Que sont devenus les hommes de la Terreur moderne ? Si une nouvelle Commune ou quelque gouvernement semblable se produisait, se remettraient-ils à la tête du mouvement ?
Il n’est pas seulement curieux de le rechercher. Une pareille étude est encore d’intérêt public.
Nous allons nous permettre de l’entreprendre.
On ne sera pas étonné de ne point trouver dans les pages qui vont suivre de longs détails sur ceux qui, comme MM. Tirard et Méline, ont reculé dès les premiers jours, devant la terrible charge qui leur incombait. Ceux-là sont devenus plus tard des ministres ou des sous-secrétaires d’État relativement calmes. Ils sont les conservateurs de demain.
Nous avons également écourté les biographies des Henri Rochefort, des Alphonse Humbert, des Ranc, qui sont vraiment trop connues.
Nous nous sommes surtout occupé des hommes qui, bien qu’ayant joué en 1871 un rôle important, ont le moins souvent ou n’ont jamais tenté la presse.
Nous n’avons fait exception à cette loi qu’en faveur de Louise Michel, qui mérite vraiment une étude spéciale.
Par les renseignements que nous avons recueillis en suivant assidûment les réunions publiques, on verra que beaucoup d’entre les loups de 1871 ont de bonnes raisons pour être les agneaux de 1885 et des années suivantes.
[… ] (plan du livre)
Ceci est un livre de bonne foi, comme disait Montaigne. Nous nous sommes dispensé de toute injure. Nous nous sommes contenté d’accumuler les faits que nous avons vus. La plupart ont été contrôlés par les témoins, quelques-uns auprès des intéressés eux-mêmes. »

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