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L’opinion française et l’accord de Munich

vendredi 21 février 2020, par René Merle

J’évoquais à propos de l’occupation de la Ruhr, en 1923, la lourde responsabilité de l’opinion quand elle suit des gouvernants irresponsables, voire quand elle les appuie.
Le cas des accords de Munich, en 1938, est encore plus significatif parce que, si en 1923, une partie de l’opinion, minoritaire certes, n’avait pas suivi le gouvernement, c’est en 1938 la quasi totalité de l’opinion qui approuva son gouvernement, hormis le PCF et quelques isolés.
Rappelons le contexte.
Après la défaite de l’Allemagne et de l’Autriche Hongrie, et leur démembrement, la France avait poussé à la constitution de nouveaux états qu’elle érigeait en rempart contre la propagation de la Révolution de la Russie des Soviets.
Une triple alliance est constituées sous l’égide française : Roumanie, Tchécoslovaquie, Yougoslaie. La France et la Tchécoslovaquie sont liées par un traité de défense réciproque.
La frontière ouest de la Tchécoslovaquie était fixée sur la ligne montagneuse dominant la région des Suèdes, de langue allemande, laissée aux Tchèques.
Au pouvoir en 1933, Hitler ne cessera de réclamer les Sudètes.
En mars 1936, la Rhénanie démilitarisée est occupée par l’armée hitlérienne , sans réactions occidentales : premier abandon des démocraties de l’Ouest qui incitera Hitler à continuer.
Après la rébellion franquiste de l’été 1936 contre la République espagnole, Hitler et Mussolini envoient troupes et aviation pour aider Franco. Mais l’Angleterre et la France (malgré ses sympathies pour l’Espagne républicaine) s’en tiennent à une politique de non intervention
Encouragé par cette passivité, en mars 1938, l’Allemagne annexe l’Autriche avec la complicité tacite des Britanniques, désireux de ménager Hitler.
Les Accords de Munich sont signés le 30 septembre 1938 par Hitler, Mussolini, Chamberlain (premier ministre britannique), Daladier (premier ministre français, radical). Ni la Tchécoslovaquie, ni l’URSS n’avaient été invitées.
À leur retour de Munich, Chamberlain et Daladier furent acclamés par des foules soulagées que le guerre soit évitée
En conséquence, l’Allemagne annexe la partie germanophone de la Tchécoslovaquie (Sudètes), et en chasse les non germanophones. Dans la foulée, les régimes autoritaires de Pologne et de Hongrie en profitent pour annexer des territoires tchécoslovaques.
La position du gouvernement français, signataire de l’accord de Munich, reçoit à l’issue du débat parlementaire l’accord de la Droite, comme de la Gauche (radicaux et socialistes). Votèrent contre : le groupe communiste, Jean Bouhey, député socialiste SFIO de la Côte d’Or, et Henri de Kerillis, droite.
Six mois après, en mars 1939, en violation de ses engagements, Hitler annexera (Bohème Moravie) ou satellisait (Slovaquie) la Tchécoslovaquie qui cessera d’exister. Pas de réaction, autre que verbale, des occidentaux. L’URSS avait proposé aux Tchèques un secours militaire, mais la Pologne avait refusé le passage des troupes soviétiques.
] Écartée par la diplomatie de compromis anglo-française, et consciente que la guerre est désormais inévitable, l’U.R.S.S va dorénavant se donner les moyens d’assurer sa sécurité, fût-ce en gagnant du temps avec le fameux pacte de non agression germano-soviétique de 1939, qui ne tombait pas du ciel, et que l’on ne peut, n’en déplaise à bien des commentateurs, dissocier de la catastrophe de Munich.

j’ai déjà donné sur ce site la position du Parti socialiste :
Munich 1938 et le Parti socialiste
Et celle du Parti communiste :
Munich 1938 et le Parti communiste

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