La Seyne sur Mer

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Des Patronymes et de l’identité...

lundi 24 décembre 2018, par René Merle

Du Melting pot

Souvenir préhistorique (je suis né en 1936 et j’ai grandi dans une petite cité maritime, ouvrière et encore quelque peu rurale).
La mode est à la controverse autour de l’immigration et aux leçons d’instruction civique dispensées par les Belles Âmes… J’ignore l’impact de leurs retombées dans les écoles de ma cité d’origine, où la présence migratoire n’a plus grand chose à voir avec celle d’il y a 70 ans et plus. Mais ces évocations contemporaines m’ont amené à revisiter mes souvenirs d’école primaire…
Dans ma lointaine prime scolarité donc, je m’en suis rendu compte seulement bien plus tard, car nous n’y attachions alors aucune importance, la grande majorité de mes condisciples portaient des patronymes italiens, que nous prononcions spontanément dans le respect de l’accent tonique (jamais d’accentuation « à la française » sur les finales en i, o ou a). Il en allait de même pour les quelques patronymes d’origine corse.
Le fait que les parents avaient des accents divers, et parfois assez fascinants dans leur écorchage de la langue française, ne nous posait guère de problèmes, car, exception faite pour quelques enfants de cadres exotiques qui « parlaient pointu » comme leurs parents, nous avions tous ce solide accent local (et nous le partagions avec nos maîtres et maîtresses) que la jeunesse a commencé à abandonner dans les années 1970, au point qu’aujourd’hui il n’est pratiqué que dans la partie haute de la pyramide des âges.
Avec le recul du temps, et quel recul, si j’essaie de lister la variété des autres patronymes, je trouve d’abord une escouade de noms évidemment méridionaux, que nous prononcions également, sans le savoir, et donc dans le respect de la phonétique de la langue d’oc.
J’identifie encore une respectable présence bretonne, et quelques patronymes isolés : un espagnol, deux ou trois alsaciens, un grec, et même un russe, tous témoignant de la présence de la Marine nationale et de l’immigration ouvrière vers les Chantiers navals dans l’après-guerre de 14.
C’est un peu plus tard, vers 1948-1949, que grâce à la radio que ma mère écoutait assidûment, que j’ai réalisé qu’il pouvait exister un pittoresque de la variété migratoire. Et cette rumba me trotte encore parfois dans les oreilles...

Fin de la séquence nostalgie.

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