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Haut fait de l’administration et de la police françaises. Rafle du 26 août 1942

mardi 20 octobre 2020, par René Merle

Ce sont les ordres, et j’exécute...

Les commémorations de la terrible rafle antisémite du Vel’ d’Hiv ont rappelé, à qui en ignorerait (et il semble que ces ignorants soient nombreux) que c’est une administration française en zone occupée et sa police qui livra ces malheureux à la saloperie nazie.
Mais n’oublions pas que, peu de jours après (26 août 1942), une nouvelle rafle, tout aussi terrible, se déroula en zone non occupée, sans la présence des Allemands, et sous la responsabilité directe des autorités de Vichy et de l’administration française. Et, encore une fois, de sa police.
Tragique illustration de ce à quoi peut arriver la droite conservatrice à genoux devant l’extrême-droite, et de ce que peut cautionner la lâcheté opportuniste de ceux qui sont, et qui seront toujours, du côté du manche. Envoyer à la mort des êtres humains qui n’avaient comme crime que le malheur d’être Juifs...
Tragique illustration de ce qu’entraîne, chez des fonctionnaires de police, l’attitude bien connue : "je n’ai pas à réfléchir, j’obéis aux ordres"...
Ceux-là s’arrangeront avec leur conscience après la Libération.
D’aucuns, quand le pouvoir pétainiste s’effondra et que son gouvernement fuyait vers l’Allemagne, participèrent à l’insurrection patriotique parisienne comme dans un rachat sanglant.
Et ne parlons pas de ceux qui exécutaient les ordres avec ardeur, comme les volontaires pour les brigades spéciales de la police créées initialement en 1941 pour réprimer la résistance communiste, et qui déployèrent toute leur sinistre activité contre les résistants et les juifs. Ceux-là, dont beaucoup échappèrent à une justice qui s’était elle-même enfoncée jusqu’au menton dans la répression pétainiste, semblent avoir gardé les mêmes états d’âme sans remords, si l’on en juge par la suite...
Je ne juge pas ici, car j’ai vécu enfant cette période, et comme tout un chacun je me demande ce que j’aurais fait en pareilles circonstances, sans réponse valable évidemment. Tout ce que je peux dire est que mon père et le père de mon épouse étaient des résistants Front national (le vrai) et FTP, mais qu’un des grands-pères était.. policier.

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