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Villers-Cotterêts : de François 1er à Emmanuel Macron

jeudi 14 mai 2020, par René Merle

Quand Macron célèbre la francophonie en anglais


Toujours plongé dans le XVIe siècle, j’évoquais hier la fameuse ordonnance de Villers-Cotterêts.
Il vous souvient peut-être que, dans sa grande sagesse, notre Président a décidé en 2017 que le château de Villers-Cotterêts, dans l’Aisne deviendrait un laboratoire et un pilier de la francophonie.
On sait, ou on ne sait pas, que c’est à Villers-Cotterêts que François 1er promulgua en 1539 la fameuse ordonnance instaurant la langue française comme langue officielle des services juridiques et administratifs, en lieu et place du latin et autres langues.
En tout cas, notre Président ne devait pas exactement le savoir, puisque, à l’occasion de la journée du patrimoine 2017, il avait quelque peu surinterprété le sens de l’ordonnance devant un groupe d’élèves de CM2 ;
« Vous êtes, on est tous Français… alors qu’on parlait souvent des patois un peu différents… notre pays s’est fait par la langue. Parce qu’à ce moment-là, dans ce château, le roi a décidé que tous ceux qui vivaient dans son royaume devaient parler français. »
Bon, ne pinaillons pas. Il est évident qu’à terme, mais cela a quand même pris trois siècles au moins, tous les Français se sont mis à parler français. Mais, et c’est là où le bât blesse, à ne parler que le français. Exit les autres langues de France…
Il semble d’ailleurs que dans sa conception de la francophonie, notre Président, qui veut faire du français la grande langue de nos ex colonies d’Afrique, ne se soucie guère des « patois » que peuvent parler entre eux « nos » Africains. Leur mort est est-elle programmée à terme ?
Mais l’essentiel n’est pas là. Notre Président, qui se revendique du pluralisme des langues et des cultures, devrait d’autant plus traiter avec considération ce qui subsiste de nos langues régionales, que, face à l’anglais et au chinois mandarin, le français est devenu à son tour une langue régionale au plan mondial. Nos amis québécois le savent bien qui se battent bec et ongle pour ne pas être linguistiquement avalés par le puissant voisin.
D’ailleurs la mairesse de Montréal, qui inclinait pour le bilinguisme dans sa ville, s’est fait allumer par le puissant organisme québécois Impératif français, voué à la promotion de la langue française, de la culture d’expression française et de la francophonie. En mars 2018, la mairesse s’est vue décerner le prix Citron, qui « récompense » les plus mauvais défenseurs de la langue française.
Mais elle n’a pas été seule à recevoir le prix Citron. En mars 2018 encore, notre Président en a été également gratifié pour ses propos sur la francophonie, tenus lors d’une conférence de presse avec le premier ministre du Québec :
« M’inspirant de l’exemple nord-américain, j’ai toujours considéré que défendre le français ce n’était pas refuser de parler les autres langues […]. Pour ma part je n’hésite jamais à m’exprimer à la fois en français, ou dans la langue du pays hôte, ou également en anglais […] sur des scènes internationales ou devant des milieux d’affaires, parce que je pense que cela renforce la francophonie de montrer que ce n’est pas une langue enclavée, mais une langue qui s’inscrit dans le plurilinguisme ».
Il faut croire que ce prix Citron ne l’a pas découragé de faire miroiter son anglo-américain. Ainsi de ce tweet qui fit s’étrangler Bernard Pivot :

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