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Bad Banks. Saison 2

mardi 11 février 2020, par René Merle

Arte vient donc de rediffuser la seconde saison de la série germano-luxembourgeoise Bad Banks, tout autant encensée par la critique que la première, sinon plus. Complexe immersion dans le monde intrinsèquement cynique de la finance d’aujourd’hui. Un mondennon pas de décideurs et propriétaires suprêmes, mais d’employés et de cadres où chacun sait qu’il doit être un fauve pour ne pas être mangé par les fauves.
Du coup, avant d’attaquer la saison 2, j’ai revisité les six épisodes de la saison 1. Je l’avais quittée sur cette catharsis laissant les protagonistes principaux devant la ruine de leurs entreprises et le maintien de leurs ambitions.
C’est magnifiquement filmé. L’environnement futuriste de béton, de verre et d’acier dénonce notre avenir glacial, ou plutôt déjà le présent des anywhere, pour lesquels toutes les villes se ressemblent, décor auprès duquel le Luxembourg initial fait figure de province endormie (et pourtant !..).
C’est magistralement joué par une brochette dichotomique d’acteurs, les « Bons » et les « Méchants ».
Mais attention, les « Bons » ne relèvent en rien de l’éthique et de la morale ordinaire. Pour eux aussi tous les coups sont permis. Car en fait les « Bons » n’existent que par notre empathie avec quelques jeunes ambitieuses et ambitieux.
Il n’y a pas d’autres « Bons » que ceux dont le scénario a choisi de nous faire partager le cheminement : la réussite à tout prix quels que soient les dégâts, parfois irrémédiables, dans une vie personnelle sentimentale et familiale totalement sacrifiée.
Les « Bons » ne sont là que par le rapport personnel qui existe entre eux et nous, et qui nous fait souhaiter leurs succès, quel qu’en soit la prix payé par les autres. Il ne s’agit pas de dénoncer un système, aussi abject soit-il, il s’agit de l’accepter, il s’agit d’y faire sa vie, car comme le disait Mme Thatcher, « There is no Alternative »
Ce grand bol toxique de la première saison assez avidement avalé, je retrouve dans la seconde les mêmes ingrédients assurèrent le succès de la première, avec, en prime, quelques ingrédients plus pervers encore. Les « Bons » (qui ne le sont donc que par notre indentification) sont confrontés à de « Vrais Bons », ceux pour lesquels une cause collective a du sens, mais qui, par force, doivent aussi vendre leur âme.
Personnages attachants, et triste monde !
Et soudain on réalise qu’Emmanuel Macron a été façonné par ce monde là, et on a froid dans le dos.

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