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Le Président et le handicap

mercredi 12 février 2020, par René Merle

Ce 11 février, notre Président s’est exprimé sur le handicap.
Vous le savez peut-être, c’est un problème qui me touche de près :
"Maddy Etcheban" et l’autisme.
Aussi ai-je suivi son discours, bien que, je l’avoue, le débit monotone et sans chaleur de l’orateur en général m’endorme.
J’ai eu le sentiment que, paré de générosité et d’humanisme, il enfilait les perles.
D’ailleurs, les dépêches du lendemain me disaient par exemple :
« Accompagné de son épouse Brigitte, très impliquée sur le dossier du handicap, Emmanuel Macron a souligné que la politique du gouvernement était basée sur "une philosophie nouvelle" qui considère les personnes handicapées "comme des citoyens à part entière", qui "ont droit à une vie de dignité, une vie de liberté, une vie comme les autres au milieu des autres". »
Bigre !
Mais au-delà de ces vérités avec lesquelles chacun sera d’accord, et qui n’ont pas été inventées par le miracle de 2017, comment faire pour qu’elles ne restent pas lettre morte…
Je n’évoquerai ici que le cas des personnes intellectuellement handicapées, comme on dit faute de mieux, enfants, jeunes adultes...
Plan e scolarisation. Bien sûr. Mais il ne faudrait pas croire que, même si tous les enfants qui devraient l’être ne sont hélas pas scolarisés, tous les enfants sont à même d’être scolarisés, tellement leur handicap les en empêche. Quiconque a eu contact vraiment avec le handicap me comprendra.
Il faudra naturellement voir comment sera réalisé ce plan de scolarisation, car nous avons trop souvent été habitués avec ce Président à ne pas voir les actes suivre les promesses.
Mais il faudra surtout voir comment, dixit, les enfants qui ne sont pas en situation d’être scolarisés, et qui ne trouvent pas de places d’accueil en France, ne seront plus obligés « d’aller en Belgique » aux frais des CAF françaises.
Alors là, de deux choses l’une.
Ou bien l’on développe une politique de transformation des parents en « aidants », moyennant une modeste somme, et l’enfant, ou l’adulte, demeurera chez ses parents, solution désastreuse qui épuisera parents et enfants, sans garantir un avenir pour l’enfant.
Ou bien on augmente les places d’accueil dans les structures qui existent déjà, et on en crée d’autres. Or chacun sait que l’effort associatif en ce domaine est essentiellement soutenu par les Conseils départementaux, et que les dits Conseils, déjà chargés de l’aide sociale, sont étranglés par la nouvelle fiscalité. Donc, sans réforme urgente et sans déblocage réel de crédits, on en restera aux belles paroles. Le Président parle de la généralisation de petites unités d’accueil, mais qui va les créer, qui va les financer ?
Ceci dit, ne boudons pas notre plaisir sur quelques points qui peuvent être mis en œuvre sans trop de souci pour l’État, et qui faciliteront grandement la vie des personnes concernées : assouplissement des formalités administratives, détection plus précoce des situations d’autisme, prolongation (pour un temps) au delà de 20 ans des jeunes gens accueillis en IME...

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