La Seyne sur Mer

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À propos des élections municipales de mars 2020

samedi 22 février 2020, par René Merle

Cf. : De l’enracinement communal dans notre vie nationale, et de son rapport à la démocratie
Je disais hier que le climat dans lequel se préparent ces élections municipales m’attriste et me décourage.
Et voici pourquoi.
Le gouvernement n’est pour rien dans la fixation de leur date, mais il faut bien convenir que cette date l’arrange pour détourner l’opinion du mouvement social, et stériliser les énergies contestataires.
Il n’est de voir l’énorme place occupée dans les médias par les péripéties de l’élection parisienne. Tant que l’on parle de ça, on ne parle pas d’autre chose, et particulièrement de l’essentiel.
Mais au-delà de cette utilisation opportuniste en détournement d’attention, les élections municipales contribuent en effet à stériliser les énergies contestataires, pas seulement en polarisant l’énergie militante sur l’élection, mais en faisant exploser en plein vol, sur le plan local, la rencontre, en grande variété d’opinions et d’engagements, d’une masse de citoyens mobilisés contre la régression sociale.
Car les voici placés devant des choix qui le plus souvent sont des choix de division.
Il est normal, il est facile (si l’on peut dire, car d’aucuns y ont perdu un mois et plus de salaire) de s’unir pour se défendre, de s’unir pour repousser une mesure de régression sociale.
Il est bien plus difficile de se mobiliser pour un projet concret, pour des projets plutôt, au plan de sa commune et de son cadre de vie.
Pour m’en tenir honnêtement aux localités que je connais dans la proximité de l’habitat, ou dont je suis l’actualité pour y avoir vécu ou pour y compter des amis, c’est à dire des communes de bonne taille et non de petites communes rurales, je constate un double phénomène.
Quand la gauche gère la commune, et particulièrement quand il s’agit d’une « vraie » gauche, on voit fleurir sur son flanc gauche ou sur son flanc flanc vert des listes d’éparpillement, souvent menées par des personnes qui ont participé à la gestion sortante. Comprenne qui pourra ce comportement suicidaire. Pour ne pas parler de ce que l’on constate, immédiatement au-delà du périphérique parisien, dans la frange de communes qui furent des fleurons de la défunte « banlieue rouge » : floraison de listes citoyennes, alternatives, LFI, bien décidées à liquider la domination d’un PC que l’on accuse de pactiser avec le communautarisme alors que certains leaders de cette opposition sont les fleurons d’un réel communautarisme…
La haine ici est telle que l’on préfère en définitive un retour de la droite à la permanence d’une gestion que l’on juge imparfaite (et à laquelle on a participé !)…
À moins que l’on ne place ses pions pour opportunément rallier sa victoire…

Quand la droite domine la commune, électoralement et socialement, on voit au contraire fleurir comme champignons des listes d’union de citoyens se réclamant de l’écologie, du communisme, du socialisme, ou de leur seule citoyenneté, listes d’union écologique, sociale, et solidaire, élaborant leur programme virtuel dans le sympathique débat « à la base »… Ce qui ne mange pas de pain quand on est à peu près certain de demeurer dans une opposition définitive… Car en cas de victoire, on peut se demander ce que deviendrait cette union de bisounours…

Ajoutons à cela un phénomène aussi vieux que les élections municipales, mais qui prend une ampleur vraiment inquiétante en ces temps d’individualisme exacerbé. À côté de ceux qui s’engagent pour sincèrement défendre le bien commun, et les parasitant, on voit grossir le flot de ceux pour lesquels le passé n’existe pas, qui changent d’étiquette (je ne dis pas d’opinion car ils n’en ont pas) comme de tee-shirt, et dont l’horizon unique est le petit pouvoir, la bonne place… et l’astiquage de l’Égo. Chacun reconnaîtra les siens…

Dans un mois les jeux seront faits. Mais les blessures occasionnées par la campagne seront longues à cicatriser, alors que le pouvoir est bien décidé à passer en force sur la question des retraites.

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