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Bertold Brecht, Jules César... et nous. Démagogie quand tu nous tiens

jeudi 5 mars 2020, par René Merle

J’ai évoqué récemment le Jules César de Shakespeare, à propos de la servitude volontaire et du tyrannicide libérateur :
À propos de la Servitude volontaire et du tyrannicide : Jules César

Mais puisque Jules César il y a, je vais aujourd’hui voir du côté de Bertolt Brecht, et de son roman inachevé Les affaires de Monsieur Jules César, roman initié lors de son exil au Danemark en 1938-1939 [1], et publié en 1957 à Berlin après la mort de l’auteur (1956) : Die Geschäfte des Herrn Julius Caesar [2].
Nous sommes ici sur un tout autre registre, qui est celui de l’ascension d’un minable au pouvoir suprême, vue à travers le récit d’un biographe romain disposant du journal de Rarus, l’esclave secrétaire de César,
Voici une très instructive plongée dans la sociologie romaine, les durs conflits de classes, les rivalités de clans aristocratiques et la guerre civile que prépare Catilina, la démagogie des « démocrates » soi-disant défenseurs de la plèbe. César était le tribun démagogique de cette plèbe à laquelle il promettait tout et le reste.
Mais voilà aussi une savoureuse démystification de César, patricien ambitieux, jouisseur, velléitaire, et couvert de dettes : ce qui lui assurera, dans un temps où, comme aujourd’hui, l’économie de profit mène le monde, le soutien des financiers désireux de récupérer leurs prêts en le poussant vers le pouvoir.
De Bonaparte à son neveu Louis Napoléon, la France a connu aussi l’accession au pouvoir de démagogues « amis du peuple », soutenus par les puissances financières affairistes. L’un et l’autre promettaient la paix, la stabilité, et « l’extinction du paupérisme » comme n’hésitait pas à l’écrire le futur Napoléon III.
Bref, un bon roman historique, et un bon roman aux retombées historiques ultérieures.
Mais aussi, si nous avons mauvais esprit, un roman bien contemporain… Suivez mon regard.

Notes

[1Brecht est né 1898

[2En 1959, l’Arche en publiait la traduction française due à Gilbert Badia. Réedition 2014

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