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Avec le Virus... La catastrophe à venir ?
vendredi 21 octobre 2022, par
Avec les récentes catastrophes « naturelles », auxquelles s’ajoute l’invisible virus invisible invasif, et sa kyrielle de quarantaines, il flotte dans l’air comme une remontée des terreurs millénaristes médiévales.
Nous pensions être devenus « maîtres et possesseurs de la nature » [1]… Maîtres imprudents et sans retenue qui avons, en profitant, souillant et abusant, mis à mal cette Mère Nature.
La nature se vengerait-elle, pour nous signifier notre fragilité ?
De quoi faire surgir, à l’appel d’une prophétesse à peine sortie de l’adolescente, une cohorte juvénile de protestataires, qui nous somment de reprendre nos esprits et d’arrêter le désastre.
Mais qui, « Nous » ?
Depuis le néolithique, et avant même le décisif passage à l’agriculture et aux cités, (quand l’espèce humaine domestiqua d’autres espèces, et déboisa les forêts originelles), l’humanité chasseresse avait contribué sans scrupule à la disparition de la mégafaune.
Mais aujourd’hui, même si le fait n’est pas toujours clairement pointée par les protestataires, la responsabilité n’est pas dans l’abstraction de « l’espèce humaine », elle est clairement du côté du système dont de gré ou de force l’humanité s’est dotée, le système capitaliste. Un système qui, par sa nature, a sur le long terme généré la crise écologique actuelle, mais qui, par sa nature également, vit de la boule de neige de ses crises successives.
Vaille que vaille, l’opinion a absorbé les récentes crises antérieures, comme celle de 2008. Elles n’ont pas été mortelles, mais elles ont sacrément secoué. Puis la vie a repris, sans regard sur le passé, et sans regard sur l’avenir, sinon la vieille inquiétude qu’une autre crise puisse nous menacer, comme ces astéroïdes inopinément venus de l’espace et qui nous frôlent d’un peu trop près.
Or aujourd’hui, c’est une inquiétude de tout autre nature qui pointe. Oh pas encore une terreur, mais terreur quand même. Et si, dans cette planète malade, le système implosait ?
On sait que les économistes se croient les maîtres de l’économie, alors que dans le meilleur des cas ils ne font que la décrire et parfois d’en anticiper le proche avenir.
Or, bien minoritaires encore, les économistes les plus lucides nous annoncent la grande secousse, voire la catastrophe.
Et que sortirait-il de ce champ de ruines ?
D’aucuns estiment que si le capitalisme porte en lui la crise et s’en nourrit, il en est sorti à chaque fois régénéré (mais à quel prix humain, la guerre au premier chef !).
D’autres, comme revenant aux vieilles terreurs millénaristes, pensent qu’après la vague de calamités viendra le Messie instaurant le bon ordre nouveau. Certains appellent ce Messie « socialisme », qui donnerait à l’espèce les moyens d’utiliser pour le bien commun et la santé commune la vertu créatrice des hommes. Vertu scientifique et technique s’entend… D’autres au contraire imaginent qu’après le grand nettoyage, et la sage décroissance aidant, l’espèce humaine, échaudée par l’expérience, s’ébrouera seulement dans les verts pâturages et les forêts régénérées, sous la couche d’ozone reconstituée.
Affaire à suivre, d’autant plus qu’elle nous concerne tous, et d’autant plus que nous sommes bien démunis pour anticiper cette crise et pour nous donner les moyens de la surmonter. Ce qui n’empêche pas la vigilance, alors que de cette crise ressurgissent un peu partout, sous des formes diverses, les courants obscurantistes les plus divers, et les fascismes de tout poil.
[1] René Descartes, Discours de la Méthode, 1637 : « Mais, sitôt que j’ai eu acquis quelques notions générales touchant la physique, et que, commençant à les éprouver en diverses difficultés particulières, j’ai remarqué jusques où elles peuvent conduire, et combien elles diffèrent des principes dont on s’est servi jusques à présent, j’ai cru que je ne pouvois les tenir cachées sans pécher grandement contre la loi qui nous oblige à procurer autant qu’il est en nous le bien général de tous les hommes : car elles m’ont fait voir qu’il est possible de parvenir à des connaissances qui soient fort utiles à la vie ; et qu’au lieu de cette philosophie spéculative qu’on enseigne dans les écoles, on en peut trouver une pratique, par laquelle, connoissant la force et les actions du feu, de l’eau, de l’air, des astres, des cieux, et de tous les autres corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connoissons les divers métiers de nos artisans, nous les pourrions employer en même façon à tous les usages auxquels ils sont propres, et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature. Ce qui n’est pas seulement à désirer pour l’invention d’une infinité d’artifices, qui feroient qu’on jouiroit sans aucune peine des fruits de la terre et de toutes les commodités qui s’y trouvent, mais principalement aussi pour la conservation de la santé, laquelle est sans doute le premier bien et le fondement de tous les autres biens de cette vie ; car même l’esprit dépend si fort du tempérament et de la disposition des organes du corps, que, s’il est possible de trouver quelque moyen qui rende communément les hommes plus sages et plus habiles qu’ils n’ont été jusques ici, je crois que c’est dans la médecine qu’on doit le chercher. »