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Une visite à l’hôpital

vendredi 13 mars 2020, par René Merle

Bon, notre Président a parlé, a salué tout sucre tout miel le personnel médical et hospitalier, et vanté la vertu des services publics, assuré "qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché".
Pourquoi bouder notre plaisir : on nous l’aurait changé ? Hum...
Comme dit Mélenchon, l’heure n’est pas à la polémique, mais à la solidarité nationale.
Il n’empêche, je vais enfoncer une porte ouverte, mais ça défoule.
La semaine passée, pour une blessure légère j’ai dû me rendre en urgence à l’hôpital le plus proche. Il se trouve qu’il s’agit d’un Hôpital d’instruction des Armées, mais ouvert à tous, militaires et civils. Accueil remarquable. Heureuse ville qui en bénéficie.
Ceci dit, pour autant, la qualité de l’accueil et des soins des établissements publics de la ville n’est en rien mise en cause. Mais, à la différence de mon hôpital militaire, leur gestion comptable « au plus juste », mise en œuvre par les gouvernements successifs, jusqu’au nôtre compris, fait que des services entiers se proclament en grève depuis un an, (et font quand même le travail !).
Avant de déserter en rase campagne (électorale), la ministre de la Santé a superbement ignoré leurs mouvements, refusé de négocier, palabré dans le vide en enfilant les promesses creuses.
Le nouveau ministre, médecin, qui dans une autre vie fut socialiste et dirigea une grève des internes avec les mêmes revendications qu’aujourd’hui, connaît donc bien la musique.
Mais il est désormais bien silencieux sur les contraintes budgétaires qui étranglent notre système hospitalier, et amènent notamment aux suppressions de lits qui vont manquer cruellement dans les jours qui viennent.
De la même façon que le Président est bien silencieux sur les contraintes européennes qui sont à l’origine de ces contraintes budgétaires.
Avec le corona virus, l’engorgement possible des hôpitaux, et leur manque de moyens, on mesure combien a été coupable l’abandon de ce service public majeur de la santé.
Et dans notre « start up » nation, il en va de même aujourd’hui pour les autres services publics, que l’Europe veut achever en les mettant en concurrence avec le secteur privé.
Avec la crise du coronavirus, le Roi est nu. Il faut choisir. Continuer à laisser périr les services publics comme le demande "l’Europe", ou mener une autre politique.
On ne peut pas attendre que la crise soit passée et continuer ensuite comme avant.
Voilà un problème qui devrait quand même mobiliser nos compatriotes, et réveiller ceux qui nous disent : « je ne fais pas de politique ».
Un problème qui est autrement important que les querelles d’Ego entre les organisations et mouvements « de gauche ». Un problème qui aurait dû les amener à une action commune de masse en soutien aux personnels hospitaliers qui luttent bien seuls depuis si longtemps, et qui défilent encadrés de fonctionnaires casqués, au cas où…
Mais ainsi va la France. Il est vrai que la France est le pays où le Boétie a écrit son fameux Contr’Un ou De la servitude volontaire...

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