La Seyne sur Mer

Accueil > Histoire, de la Préhistoire à aujourd’hui > XIXe siècle (jusqu’en 1914) > Marx-Engels avant 1852 > Le jeune Marx, société et éthique

Le jeune Marx, société et éthique

mercredi 1er avril 2020, par René Merle

Un extrait de La Sainte Famille que Marx écrit à l’âge de 26 ans [1]. Il lie catégoriquement l’avènement d’une éthique humaniste au changement révolutionnaire de la société
" Nul besoin d’une grande sagacité pour découvrir le lien de nécessité qui rattache le matérialisme au communisme et au socialisme, quand on connaît les doctrines matérialistes touchant la bonté originelle et l’égalité des dons intellectuels des hommes, la toute puissance de l’expérience, de l’habitude, de l’éducation, des influences des conditions extérieures sur l’homme, l’importance considérable de l’industrie, la légitimité de la jouissance , etc. Si l’homme tire toute connaissance, tout sentiment, etc., du monde sensible et de l’expérience de ce monde, il importe désormais d’organiser le monde empirique de manière telle que l’homme y éprouve l’authentiquement humain et en prenne l’habitude, qu’il s’éprouve homme. Si l’intérêt bien compris est le principe de toute morale, il importe que l’intérêt privé de l’homme se confonde avec l’intérêt humain. Si l’homme n’est pas libre au sens matérialiste, c’est-à-dire s’il est libre, non par la force négative d’éviter ceci ou cela, mais par le pouvoir positif de faire valoir sa vraie individualité, il ne faut pas punir le crime dans l’individu, mais détruire les foyers anti sociaux du crime et accorder à chacun l’espace social nécessaire à la manifestation essentielle de sa vie. Si l’homme est formé par les circonstances, il faut donner forme humaine aux circonstances. Si l’homme est sociable par nature, c’est seulement dans la société qu’il déploie sa vraie nature, et il faut mesurer la puissance de sa nature non à la puissance de l’individu singulier, mais à la puissance de la société".

Notes

[1Écrit en 1844 , l’opuscule fut publié en allemand, en 1845 à Francfort. Marx a associé son ami Engels sur l’intitulé des auteurs, mais en fait la quasi totalité de l’ouvrage est de la plume de Marx. Je cite d’après Karl Marx, Œuvres, III Philosophie, édition établie, présentée et annotée par Maximilien Rubel, Gallimard, la Pléiade, 1982, chapitre VI, III

Répondre à cet article

| Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 | SPIP