La Seyne sur Mer

Accueil > Regards sur le monde contemporain > Italie > Habemus Papam

Habemus Papam

mercredi 8 avril 2020, par René Merle

J’ai revu avant-hier avec grand plaisir sur Arte Habemus Papam de Nanni Moretti (2011).

Du somptueux décor vaticanesque à celui de la vie quotidienne romaine, dépourvu de tout pittoresque, Moretti manie sa caméra virtuose.
Une fois de plus pour exorciser son inquiétude inhérente à sa perception de la vie.
Les simples gens fugitivement aperçus le sont dans leur métier, leur transports quotidiens, leur indifférence apparente traversée de générosité spontanée.
Mais en ce qui concerne le cœur du film, ce conclave raté à cause d’un pape qui ne veut ni ne peut assumer sa nouvelle fonction, ce que Moretti nous peint avec une ironie bonhomme, dépourvue de toute méchanceté, c’est que cardinaux, suisses pontificaux… et psychanalystes, une fois mis à nu, ne sont que les enfants qu’ils sont restés, et qu’ils ne tirent leur crédibilité que de leur statut social. Comme nous ?
Ajoutez à cela un assez éblouissant « paradoxe du comédien », et vous conviendrez que Moretti, une fois de plus, en mettant en scène sa névrose, nous révèle la nôtre, mais nous engage à faire avec, pour vivre.

1 Message

Répondre à cet article

| Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 | SPIP