La Seyne sur Mer

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Brassens

mercredi 22 avril 2020, par René Merle

À propos de Brassens par Brassens (France 3)

J’aime tout, sauf la pisseuse à la fin qui ne passe pas
Comme beaucoup d’entre vous sans doute, j’ai vu le beau documentaire que France 3 a consacré à Georges Brassens. C’est un biopic, Brassens par Brassens, et la règle du genre est de faire revivre l’homme, pour mieux comprendre l’œuvre…
Entreprise bien difficile, et souvent biaisée, qui arrive à nous faire ne plus recevoir l’œuvre qu’à travers l’éclairage sur la personnalité de l’auteur, voire à la démystifier…
Quand, comme bien des gens de ma génération, j’ai découvert le Brassens débutant à l’orée des grise et prosaïques années cinquante, puis suivi son évolution musicale dans la révélation d’une sorte de bonheur immémorial, notre folklore au meilleur sens du mot c’est-à-dire le sens étymologique, j’ignorais tout de la vie de Brassens.
Ce que j’en ai appris depuis, et ce que j’ai vu hier me l’a encore confirmé, me présente un homme que je n’ai aucunement le droit de juger, - mais dont le rapport à l’Histoire, pour être celui de bien des Français dits moyens (bien que par définition Brassens n’a jamais voulu être l’un deux) qui ont subi l’histoire sans le moins du monde s’y engager, sinon pour survivre -, heurte la vision de l’Histoire dont j’ai hérité de mes parents et que j’ai essayé de mettre en œuvre.
Pour qui a vu le documentaire, je rappelle ce qui est dit de la Libération, ou encore cette séquence pour moi insupportable d’Apostrophes, je crois, où est mis en scène le libertaire électron libre nihiliste et le militaire, passé sans états d’âme de la Résistance à la pire des guerres coloniales. Comme si le choix était entre les deux…
Mais ceci dit, qui l’éclaire peut-être, mais ne change rien au plaisir de la découverte, puis de la complicité immédiate et réconfortante que j’ai reçue de son œuvre. Peu me chaut en définitive la façon dont un fils du peuple de Sète jeté dans un monde qu’il n’a pas choisi à traversé les tumultes du siècle. Peut me chaut qu’il dise dans la documentaire avoir mis sa vérité vraie dans un roman qui m’est tombé des mains, et que j’ai trouvé franchement illisible.
L’essentiel pour moi est que ses chansons sont toujours là, intangibles, venues des épreuves et des joies de sa vie certes, mais arrivées comme des astéroïdes venus d’ailleurs, dans un monde musical français trop souvent fabriqué, et que ces chansons font du bien, qu’elles aident à vivre… Je m’en tiens à ça, sans vous bassiner avec le triomphe passé des Trois B, Brassens, Brel et Barbara (qui supplanta Béart), parce que, en ce qui me concerne dans ce triomphe tout n’est pas bon à prendre... Je ne suis pas admirateur inconditionnel.

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