La Seyne sur Mer

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La Caste...

lundi 4 mai 2020, par René Merle

J’évoquais dans un billet récent l’apparition en Messie salvateur du candidat Macron en 2017.
De la nature du Pouvoir et de l’après confinement...
Résurgence inattendue d’une pièce maîtresse de la cosmogonie populaire : le Grand homme (le candidat ne se désignait-il pas comme jupitérien ?) providentiel. Qui connaît notre histoire en connaît aussi les avatars : de Bonaparte à de Gaulle, en passant par Louis-Napoléon, le général Boulanger… et Pétain. Des avatars qui sentaient le soufre. Rien de tel avec notre nouveau Messie. Il est clean, et quelque peu humanoïde soi-disant capable de réparer la machine. Rien dans l’horizon qui rappellerait un coup d’État. À première vue en tout cas.
Mais ce Messie aseptisé à usage populaire n’est en fait qu’une pièce rapportée, et sans grande importance, dans une autre cosmogonie que nos « élites » ou présumées telles ont depuis longtemps intégrée dans leurs cercles concentriques superposés, dont un se ferait un délice un Balzac contemporain…
Au sommet, il y a la Caste [1] qui trône dans son Empyrée parisienne.
Comme les dieux de l’Antiquité, les gens de la Caste sont nos semblables par leur aspect et leurs passions. Mais ils sont d’une autre nature. Ils vivent à part de nous, mais, comme les dieux antiques, ils nous regardent, savent nous utiliser et veulent humer le parfum des offrandes et des sacrifices.. Certes, ils peuvent se différencier par leurs fonctions, leurs engagements politiques, leurs choix existentiels… Mais, quelles que soient les couleurs arborées, ils sont en fait les mêmes, quelques petits milliers à peine, deux, cinq, dix mille, à se côtoyer dans la même bulle parisienne, bulle de l’entre soi où ils habitent, où ils se reçoivent, où ils se confortent, où ils élèvent leur chère progéniture dans des établissements choisis.
Il y a tout en haut le cercle, oh combien petit cercle, des privilégiés de la naissance et de la fortune, les grands Possédants, dont l’horizon quotidien est le CAC 40 et l’horizon lointain celui des paradis fiscaux. Ce sont les vrais décideurs...
Puis vient le cercle des grands Serviteurs et Serveuses (faut-il dire ainsi de nos femmes ministres ?) naviguant de l’appareil économique à l’appareil d’État et inversement, celles et ceux dotés d’une merveilleuse propension à passer de droit divin et sans la moindre connaissance du sujet, de la direction d’une grande entreprise à l’autre, et d’un ministère à l’autre. Et naturellement, dans le petit Paris politique, tous les Rastignacs plus ou moins provinciaux qui voudraient bien en faire partie.
Et troisième cercle, tout autour d’eux celui des bouffons, amuseurs publics, artistes, journalistes, dispensateurs de l’éloge et de l’anecdote, prompts à défendre la main desquels ils mangent…
De tous ces gens-là Macron est aujourd’hui le phare. Qu’il ne s’y trompe pas. S’il n’est plus assez performant, ceux du premier cercle s’emploieron à en trouver une ou un autre…

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