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Jean Salem - Épicure

vendredi 8 mai 2020, par René Merle

Merci Pascale pour ce beau texte d’Épicure [1]. que tu nous donnes en commentaire à mon billet du jour - L’attachement à la vie

J’en profite pour rendre hommage à un philosophe et militant intransigeant, dont les écrits et les conférences (voir sur le net) m’ont beaucoup apporté.
Jean Salem était professeur à Paris-I Sorbonne, où il animait un séminaire intitulé « Marx au XXIe siècle ». Il était un spécialiste majeur du matérialisme antique (Démocrite, Epicure, Lucrèce...).
Né le 16 novembre 1952 à Alger, il était le fils d’Henri Alleg, militant communiste anticolonialiste, auteur du célèbre ouvrage la Question (1958), qui dénonça devant l’opinion française l’usage de la torture par l’armée française pendant la guerre d’Algérie.
Il est mort dans la nuit du 13 au 14 janvier 2018.

Notes

[1Cher René, tu connais, évidemment, le texte d’Epicure.
Extrait de la Lettre à Ménécée, par Epicure :
« Prends l’habitude de penser que la mort n’est rien pour nous. Car tout bien et tout mal résident dans la sensation : or la mort est privation de toute sensibilité. Par conséquent, la connaissance de cette vérité que la mort n’est rien pour nous, nous rend capables de jouir de cette vie mortelle, non pas en y ajoutant la perspective d’une durée infinie, mais en nous enlevant le désir de l’immortalité. Car il ne reste plus rien à redouter dans la vie, pour qui a vraiment compris que hors de la vie il n’y a rien de redoutable. On prononce donc de vaines paroles quand on soutient que la mort est à craindre non pas parce qu’elle sera douloureuse étant réalisée, mais parce qu’à est douloureux de l’attendre. Ce serait en effet une crainte vaine et sans objet que celle qui serait produite par l’attente d’une chose qui ne cause aucun trouble par sa présence.
Ainsi celui de tous les maux qui nous donne le plus d’horreur, la mort, n’est rien pour nous, puisque, tant que nous existons nous-mêmes, la mort n’est pas, et que, quand la mort existe, nous ne sommes plus. Donc la mort n’existe ni pour les vivants ni pour les morts, puisqu’elle n’a rien à faire avec les premiers, et que les seconds ne sont plus.
Mais la multitude tantôt fuit la mort comme le pire des maux, tantôt l’appelle comme le terme des maux de la vie. Le sage, au contraire, ne fait pas fi de la vie et il n’a pas peur non plus de ne plus vivre : car la vie ne lui est pas à charge, et il n’estime pas non plus qu’il y ait le moindre mal à ne plus vivre »

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