La Seyne sur Mer

Accueil > France contemporaine > France contemporaine politique > Macronisme > Au lendemain du salut présidentiel au de Gaulle de 1940

Au lendemain du salut présidentiel au de Gaulle de 1940

lundi 18 mai 2020, par René Merle

Après la désastreuse intervention de notre Président en hommage au de Gaulle de 1940, je ne résista pas au plaisir de vous faire partager deux lectures.

D’abord le couperet de Xavier Bertrand, président de la Région Hautes de France, dans le JDD du 17 mai :
« Pour de Gaulle, un chef ne doit pas parler en permanence, à tort et à travers. Il doit mener son pays d’une main ferme sans se préoccuper de sa popularité et être capable d’assumer seul les bonnes décisions. Il ne doit pas avoir le besoin pathologique d’être aimé mais se doit tout entier à la France. »
À bon entendeur salut.

Ensuite l’entame de l’article d’Antoine Perraud sur Mediapart de ce jour, que vous pouvez lire en entier si vous êtes abonné :
« Quand Emmanuel Macron vampirise en vain de Gaulle.
Ventriloque et transformiste comme jamais, notre président Fregoli a inauguré non pas l’année sainte mais l’année de Gaulle, en se transportant dans les Hauts-de-France. Il y apparut sous un jour étonnant de sous-préfet au champ.
Emmanuel Macron, si plein de son vide à combler, saute sur tout ce qui transcende, histoire de se donner une contenance. Ce 17 mai, il s’agissait d’exalter un colonel de bientôt 50 ans, qui tenta, lors de la calamiteuse bataille de France, d’arrêter l’ennemi nazi, à la tête de quelques chars d’assaut, à Montcornet (Aisne), 80 ans plus tôt : Charles de Gaulle.
L’actuel président de la République, rendant hommage à son prédécesseur, n’aura jamais paru aussi poussif et mal à l’aise. On songeait aux vers de Victor Hugo : « Toi, son singe, marche derrière, / Petit, petit. »
Comment un chef de l’exécutif ayant présidé à l’impéritie française, face à la pandémie en 2020, peut-il se mettre dans les pas de celui qui se souleva, en 1940, contre l’impéritie française de l’exécutif face à l’invasion hitlérienne ? M. Macron s’y essaya tant mal que bien. Ce fut comme le désastre métaphorique, en rase campagne, de tout ce qu’il n’est point et de tout ce qui lui échappe.
En 2021, Macron sera Napoléon pour le bicentenaire de sa mort et Pompidou pour les 110 ans de sa naissance. En 2022, il sera Mendès France pour les 40 ans de son trépas ; de même qu’il sera Kennedy, en 2023, pour les 60 ans de son assassinat. Vivement l’apothéose de l’an 2026 : les 100 ans de Giscard ! Le tout sans jamais rien saisir, comprendre, ni éprouver des époques ainsi passées en revue ; sans rien discerner des modèles essayés, adoptés, dévorés dans une forme d’anthropophagie symbolique frénétique et grisante. On aura tout vu, mais en aveugle démesuré. Aucune incarnation. M. Macron, éternel khâgneux à la recherche de soi-même, se voudrait baudelairien – « J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans ». Or il nous apparaît dans son mal-fondé : né de la dernière pluie. »

Répondre à cet article

| Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 | SPIP