La Seyne sur Mer

Accueil > Regards sur le monde contemporain > Amérique latine > Identité. Adiós pueblo de Ayacucho

Identité. Adiós pueblo de Ayacucho

vendredi 29 mai 2020, par René Merle

Une pensée pour le peuple péruvien, si cruellement frappé par l’épidémie, particulièrement dans la zone urbaine littorale où se sont entassés les émigrés de l’Altiplano, chassés par la guerre civile et par la misère.
Il n’est peut-être pas nécessaire d’être Péruvien de l’Altiplano pour aimer cette chanson.

Eminemment national dans ses innombrables réalisations régionales et locales, le huayno s’enracine particulièrement dans la région d’Ayacucho. Un des huaynos ayacuchanos les plus connus est sans doute le très ancien "Adiós pueblo de Ayacucho", véritable classique péruvien.
C’est le chant d’adieu à sa ville bien-aimée ("perlaschallay" : chère petite perle, perle de mon cœur), et à sa bien-aimée, d’un homme qui doit quitter Ayacucho bien malgré lui ("Ciertas malas voluntades, perlaschallay, hacen que yo me retire", dit une version, "ciertos malos que y tengo", dit une autre).
Il lui promet de ne jamais l’oublier, et espère pouvoir revenir, s’il reste en vie.
Ayacucho, la grande ville de la Cordillère (2752 m. d’altitude !), et sa région, sont depuis toujours terre d’émigration proche ou lointaine : "por más lejo que me vaya..." dit la chanson.
Et le sanglant épisode du Sentier lumineux, dont la région fut l’épicentre dans les années 1980, a encore accentué cette "descente" vers l’énorme métropole littorale, ou les départs vers l’étranger.

Le huayno débute en espagnol, qui est vite remplacé par le quechua, langue encore largement véhiculaire et interclassiste dans la région d’Ayacucho. Double enracinement identitaire.
Adiós pueblo de Ayacucho, Perlaschallay.
Tierra donde yo he nacido, perlaschallay.
Ciertas malas voluntades, perlaschallay.
Hacen que yo me retire, perlaschallay.

Pagarinsi ripuchiani Perlaschallay.
Manapita adiósnispa perlaschallay.
Causaspaycha kutimusaq perlaschallay.
Huañuspayga manañacha perlaschallay.

Adiós pueblo de Ayacucho perlaschallay.
Donde he padecido tanto, perlaschallay.
Por más lejos que me vaya, perlaschallay.
Nunca podré olvidarte, perlaschallay.

La parte en quechua dice :

Mañana me voy/ sin despedirme de
nadie,/ si vivo, volveré/ si muero, ya no.
Adiós pueblo de Ayacucho,/ mírame,
ya me voy / por más lejos que me
encuentre, nunca podré olvidarte.
Adiós Pueblo de Ayacucho
Adiós pueblo de Ayacucho, perlaschallay,
donde he padecido tanto, perlaschallay,
ciertas malas voluntades, perlaschallay,
hacen que yo me retire, perlaschallay.

Paqarinmi ripuchkani, perlaschallay,
mana pitaq despidispa, perlaschallay,
kausaspaycha kutimusaq, perlaschallay,
wañuqpayqa manañacha, perlaschallay.

Adiós pueblo de Ayacucho, perlaschallay,
ripuqtaña qawariway, perlaschallay,
por más lejos que me encuentre, perlaschallay,
nunca podré olvidarte, perlaschallay.

Sur l’histoire de ce huayno dont l’auteur est anonyme, cf. :
http://manuel-acosta-ojeda.blogspot.fr/2012/04/adios-pueblo-de-ayacucho.html

Adios Pueblo... autre version. Sur le huayno qui suit l’adieu à Ayacucho, cf. : "Ojos Azules", huayno

Répondre à cet article

| Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 | SPIP