La Seyne sur Mer

Accueil > France contemporaine > Medias > Appel des 150, la Gauche "Y a qu’à"...

Appel des 150, la Gauche "Y a qu’à"...

mercredi 27 mai 2020, par René Merle


J’ai évoqué il y a quelques jours l’appel lancé par 150 personnalités de gauche, et non des moindres : « Au cœur de la crise, construisons l’avenir ». Un appel de plus dans la foule des appels supposés ouvrir un avenir meilleur.
Et j’avais répercuté aussitôt le sévère commentaire du philosophe Denis Collin :
À propos d’un Appel, un de plus....
J’avais ensuite donné mon point de vue personnel sur cette initiative à l’égard de laquelle j’étais plus que méfiant, tellement le retour en rang serré de la upper class hollandienne, ex-ministres en tête, m’avait interrogé sur la confiance que l’on pouvait accorder à des responsables qui prônaient maintenant ce qu’ils n’avaient pas fait, voire ce qu’ils avaient combattu, lorsqu’ils étaient au pouvoir. Cf. :
Cambiare tutto per non cambiare nulla (le Guépard)
Mais, bien qu’il n’y ait aucune autocritique dans ce manifeste, je ne prônais pas la mort du pécheur, car chacun a le droit de se dépasser en assumant le poids de ses erreurs passées.
Je n’aurais rien à ajouter à ce que j’écrivais il y a peu si, au moment où le pouvoir actuel bat de l’aile, cet appel n’était mis en avant comme planche de salut. L’a fait sien la presse d’une « gauche » qui n’est peut-être plus caviar, - car le produit s’est démocratisé -, mais qui s’inscrit dans la grande tradition de la « deuxième gauche », acceptable, puisqu’intelligente, raisonnablement réformiste, sociétale plus que sociale, et fondamentalement récupératrice des alizées de l’air du temps [1].
Ce qui me frappe dans cette promotion de l’appel, - outre l’inanité des perspectives : « y a qu’à », sans envisager le moins du monde comment ces modestes ambitions pourraient être réalisées -, c’est la délectation de la promotion individuelle. Les protagonistes ne parlent pas au nom d’une organisation, mais au nom de leur personne jugée éminente, et promise à nouveau à des destinées gouvernementales. On parlait jadis de la gauche de gouvernement, nous en sommes aujourd’hui aux femmes et aux hommes de gouvernement [2]… Quelle tristesse.

Notes

[1Rien de nouveau sous le soleil[[Cf. « La deuxième droite », un ouvrage de salubrité publique..

[2Les quelques communistes fourvoyés dans cette aventure, dont l’ex candidat à la présidentielle, se font sévèrement rappeler à l’ordre par un de leurs pairs : Parti communiste.

Répondre à cet article

| Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 | SPIP