La Seyne sur Mer

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L’Action française et la Commune de Paris - mai 1944

lundi 22 juin 2020, par René Merle

Dans une période où les enjeux mémoriels sont facilement manipulés, je verse au dossier de la mémoire de la Commune cet éditorial de l’Action Française (6-7 mai 1944), dont les pages sont alors emplies de condamnations (au double sens du mot) des « terroristes - pas Français ».
Comme me le suggère Jean-Marie Guillon, l’historien bien connu de la Résistance, l’utilisation « positive » du souvenir de la Commune, que dénonce cet éditorial, peut être le fait des journaux du fascisme de choc, volontiers récupérateur des idéaux de justice sociale (ainsi les anciens socialistes Déat et Zoretti, alors au pouvoir depuis le retour de Laval), et porteurs de fibre "révolutionnaire", avec lequel le pétainisme « respectable » de Maurras avait pris quelques distances. Maurras les appelait alors "les charlatans de la révolution sociale"...
Mais il est vrai aussi que le patriotisme de la Commune avait pu être exalté par d’autres feuilles, mais résistantes et clandestines.
L’enjeu, on le voit, et c’est bien la dernière carte que peut jouer le pétainisme au moment où il est près de s’effondrer, est de stigmatiser tout autant les bombardements alliés que l’action des « bandits terroristes » évidemment pas français... et rouges, comme l’étaient les Communards. Bref, de poser le Maréchal en défenseur de la « vraie France », contre ses ennemis extérieurs et intérieurs.

Roger Joseph, pseudonyme de l’essayiste et journaliste Lazare de Gérin-Ricard (1907-1978)

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