La Seyne sur Mer

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Liberté pour soi, mais pas pour les autres...

lundi 13 juillet 2020, par René Merle

On peut avoir lutté pour sa liberté et refuser la liberté aux autres.
J’évoquais il y a peu les 80 parlementaires qui avaient eu le courage de dire NON aux pleins pouvoirs à Pétain [1].
Parmi eux, l’ardent militant socialiste Vincent Auriol, bientôt résistant actif qui rejoignit la France libre à Londres.
Le même Vincent Auriol est président de la République du 16 janvier 1947 au 16 janvier 1954.
Il couvre et appuie les abominations de la répression de la rébellion malgache qui ne demandait que justice et liberté, il couvre et appuie le déclenchement des opérations militaires contre les indépendantistes vietnamiens, qui avaient tout fait pour éviter le conflit et acceptaient une place dans l’Union française.
Et le cas Auriol est inséparable de celui de la masse des dirigeants socialistes et gaullistes, qui avaient lutté contre l’oppression mais considéraient comme légitime l’oppression coloniale.
Que dire ? Que penser ?
Comment le patriotisme lucide peut-il ainsi se prolonger de nationalisme dominateur ?

2 Messages

  • Liberté pour soi, mais pas pour les autres... Le 13 juillet à 08:21, par comte Lanza

    Bonjour Monsieur Merle,

    Je ne saurais pas plus que vous répondre facilement à la question que vous posez (non que la réponse n’existe pas, mais elle demande des développements considérables !).

    On peut rappeler que Renan écrivait en 1871 (Réforme intellectuelle et morale de la France) :
    " La conquête d’un pays de race inférieure, par une race supérieure, qui s’y établit pour le gouverner, n’a rien de choquant. Autant les conquêtes entre races égales doivent être blâmées, autant la régénération des races inférieures par les races supérieures est dans l’ordre providentiel de l’humanité. "
    Lorsqu’il écrivait cela, Renan n’était pas républicain, sa "conversion " à la république fut postérieure (et nuancée), mais les républicains de l’époque partageaient complètement cette conviction (sur ce point, le livre de 2006 de Carole Reynaud-Paligot, La République raciale. Paradigme racial et idéologie républicaine (1860-1930).

    A l’époque d’Auriol, le vieux fond de républicanisme raciste ou racialiste existait sans doute toujours, et il était rejoint par une préoccupation plus récente voire plus pressante, la peur du communisme. Les deux expliquent (en partie) l’attitude des démocrates français vis-à-vis des territoires colonisés réclamant leur liberté (pour faire court).

    Pour relier votre blog d’actualité à votre blog sur la culture d’oc, j’ai trouvé que le président Auriol, invité en 1948 à présider les fêtes félibréennes de Sceaux, fit un discours en occitan (langue qu’il devait parler de naissance).
    voir
    .http://www.felibrige.org/le-felibrige/les-traditions-felibreennes/felibree-de-sceaux/

    J’ai trouvé l’indication en me documentant sur Renan, qui s’exprima aussi lors des fêtes félibréennes, en 1891, un an avant sa mort. On peut trouver des extraits de son discours sur le site Occitanparis, Félibres et Cigaliers.

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