La Seyne sur Mer

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Regard (à l’international) sur un été finissant

lundi 24 août 2020, par René Merle

Je n’ose pas dire regard « citoyen ». « Citoyen » ? Les guillemets s’imposeraient, tant le mot est aujourd’hui mis à toutes les sauces. Mais en ce qui me concerne, comme je m’efforce de l’employer dans son sens noble et historique - celui qui participe au mieux à la vie de la Cité- , je lui préfèrerai ici, excusez mon anglicisme, celui à la mode footballistique de « supporter ». Mais j’aime autant vous dire, puisqu’il va s’agir essentiellement dans ce propos de notre jeune monarque, que je prendrais plutôt ici le vieux sens français de « je ne le supporte plus » que celui de "je le soutiens".

Il a pourtant fait tout ce qu’il fallait pour que, en bon « supporter » du team Macron & Co, je sois fier notre Président et de notre Pays, bref, fier de « Nous ».
Laissons Brégançon, le jet-ski en zone parfois suspecte, et les photos de Paris Match, et voyons un peu, en me bornant à l’international, qui est du ressort privé du Président.

N’avons nous pas été les premiers à nous rendre dès le lendemain sur les lieux du drame libanais, à partager la colère du quartier chrétien francophone, à dire leur fait aux dirigeants et à nous poser en coordinateur majeur de l’aide internationale ? Voilà un geste que ni Trump, ni Poutine, ni Erdogan n’auraient osé. C’est que ni les USA ni la Russie n’avaient des droits historiques sur le Liban. Alors que nous, depuis François 1er, sommes les protecteurs des chrétiens du secteur, et que nous avons créé le Liban au lendemain de la guerre de 1914-1918, et y avons exercé notre mandat. Bon, je vois d’ici le président Erdogan fulminer et me dire que toute cette zone était ottomane et que les vainqueurs l’ont annexée… Mais enfin, d’une part nous étions les vainqueurs, et le vainqueur a tous les droits, et de l’autre ne valait-il pas mieux que nous exportions dans ce pays nos fonctionnaires, nos entrepreneurs, nos affairistes et nos militaires, en lieu et place des affidés du Sultan ?
Bref, quoi qu’on en puisse dire, je suis fier.

Autre raison de fierté, et pour ne pas quitter la zone, n’avons-nous pas été les premiers, et les seuls à vrai dire, au risque assumé d’un affrontement guerrier, à envoyer notre marine nationale patrouiller dans ces eaux ioniennes où le nouveau sultan veut imposer sa loi ? Il en a tremblé et se borne désormais, semble-t-il, à guerroyer dans ses antiques possessions de Syrie et de Libye… Ce n’est quand même pas là que nous irions lui chercher des noises…

Autre motif de fierté, encore. N’avons-nous pas été les premiers à dénoncer la brutale répression par le président biélorusse de puissantes manifestations d’opposition ? Ne l’avons-nous pas sommé d’y mettre fin, et de prendre exemple sur notre hexagone où nos forces de l’ordre savent si pacifiquement s’occuper des quelques Français qui ont la mauvaise habitude de protester tous les samedis ?

Fierté encore et toujours. N’avons-nous pas été les premiers à signifier à ces ingrats de Maliens, que nos forces armées protègent, qu’ils n’ont pas à applaudir un coup d’État militaire contre un régime corrompu ? Et n’avons nous pas été les premiers à nous gratter la tête en nous demandant comment nous allons bien faire pour contrer le grand manipulateur islamiste, et, partant, pour continuer à « protéger » les richesses minières de ces zones, indispensables nourricières de notre mutation informatique…

Bref, en bon « supporter », je crie bravo, et et en mauvais supporteur, je me fais du souci, car je ne sais pas où nous mèneras cette politique de la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf…

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