La Seyne sur Mer

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Gorizia

mercredi 14 octobre 2020, par René Merle

J’ai évoqué récemment la chanson antimilitariste suscitée par les souffrances des soldats italiens dans l’interminable bataille de l’Isonzo : Il general Cadorna : Il général Cadorna...
Sans un registre mélodique et brutalement poétique autrement élaboré (que ma traduction quasi littérale ne peut rendre vraiment) voici la célèbre chanson antimilitariste et anarchiste que suscita la sixième bataille de l’Isonzo, en août 1917[[Sur le destin de la chanson, et sa réapparition contemporaine, cf. (en italien) : Gorizia

La mattina del cinque d’agosto
si muovevano le truppe italiane
per Gorizia, le terre lontane
e dolente ognun si partì

Le matin du 5 août, les troupes italiennes faisaient mouvement vers Gorizia, les terres lointaines, et chacun partit dans la douleur

Sotto l’acqua che cadeva al rovescio
grandinavano le palle nemiche
su quei monti, colline e gran valli
si moriva dicendo così :

Sous l’eau qui nous cinglait la face tombaient en grêle les balles ennemies ; sur ces montagnes, collines et grandes vallées, on mourait en disant ainsi :

O Gorizia tu sei maledetta
per ogni cuore che sente coscienza
dolorosa ci fu la partenza
e il ritorno per molti non fu

O GorizIa tu es maudite par tout cœur qui ressent la conscience. Douloureux fut le départ et pour beaucoup il n’y eut pas de retour

O vigliacchi che voi ve ne state
con le mogli sui letti di lana
schernitori di noi carne umana
questa guerra ci insegna a punir

O vous les lâches qui êtes avec vos femmes sur des lits en laine, qui vous gaussaient de nous chair humaine, cette guerre nous demande de vous punir

Voi chiamate il campo d’onore
questa terra di là dei confini
Qui si muore gridando assassini
maledetti sarete un dì

Vous appelez champ d’honneur cette terre d’au delà des frontières. Ici on meurt en criant : assassins, un jour vous serez maudits

Cara moglie che tu non mi senti
raccomando ai compagni vicini
di tenermi da conto i bambini
che io muoio col suo nome nel cuor

Chère femme toi qui ne peux m’entendre, recommande aux proches camarades de veiller sur nos enfants, car je meurs avec leur nom dans le cœur

O Gorizia tu sei maledetta
per ogni cuore che sente coscienza
dolorosa ci fu la partenza
e il ritorno per tutti non fu.

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