La Seyne sur Mer

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Politique ? De l’indifférence à l’hostilité

vendredi 4 septembre 2020, par René Merle

Outre le fait que la plupart des gens ont suffisamment de quoi s’occuper pour ne pas s’intéresser à la politique, une des raisons de cette indifférence, voire de cette hostilité, tient sans doute au sentiment que, sous couvert de défense de l’intérêt général, bien des politiques satisfont leur désir de pouvoir et de jouissance.
Certes, cette hostilité est avérée chez nous depuis la naissance du système parlementaire, et elle a pu nourrir l’aventurisme d’hommes dits providentiels partisans du coup de balai.
Mais la récente séquence Macron a apporté une note de plus, et pas des meilleures, à ce rejet de la politique.
Il y a d’abord le cas des renégats sans état d’âme, qui ont quitté sans la moindre gêne le Parti socialiste et les Républicains pour un siège de député LaRem, voire un portefeuille ministériel. L’Assemblée et le gouvernement en sont emplis.
Il y a même le cas, a priori stupéfiant d’un jeune député socialiste, responsable national au sein du Parti, qui s’inscrit évidemment dans l’opposition au gouvernement Édouard Philippe, qui vote contre le budget en novembre 2017 et qui trois jours après occupe un poste de secrétaire d’État, puis de Ministre dans ce même gouvernement. Avec, cerise sur le gâteau, l’attribution de Ministre délégué chargé des comptes publics.
Nous sommes sans doute ici dans l’arrivisme sans scrupules, bien que l’intéressé prétende toujours animer une aile « gauche » de la majorité qu’il combattait jusque là.
Mais si l’opinion blasée peut ranger des cas de ce type dans la catégorie du cynisme politique et de l’absence d’idéal, le plus grand mal fait à la politique vient sans doute de celles et ceux qui ont accepté de figurer dans un gouvernement dont ils ne partagent pas forcément toutes les couleurs, pour y faire avancer la cause qui leur est chère. Et le meilleur exemple en la matière est sans doute celui de l’écologie.
On sait commet Nicolas Hulot préfèrera s’en aller plutôt que d’avaler sans cesse son chapeau dans un gouvernement qui ne se souciait guère d’écologie, et avec un président qui n’en avait jamais fait sa tasse de thé.
Mais voilà, maintenant l’écologie est à la mode, et tout un chacun s’est teint en vert.
On ne s’étonnera donc pas de voir l’ex secrétaire d’État écologiste du président Hollande (2016-2017) devenir depuis le 6 juillet 2020 Ministre de la Transition écologique dans le gouvernement Castex, avec l’ambition proclamée de faire avancer la cause verte.
Las, notre Ministre se voit aujourd’hui contrainte d’autoriser l’utilisation d’un pesticide, le néonicotinoïde, tueur d’abeilles, qu’elle avait fait abolir en 2016. Et ce pour sauver la filière de la betterave, mais le projet de loi soumis aux députés ouvre la porte au retour des néonicotinoïdes tueurs d’insectes.
Quand on sait que depuis le milieu des années 1990, où apparurent ces produits, les trois quarts des insectes volantes ont disparu, et que ces tueurs d’abeilles en mettant en grave péril la pollinisation, nous promettent un terrible lendemain écologique, tant pour la végétation que pour l’homme. Sans compter les traves avérées de néonicotinoïdes dans les sols, dans les eaux, dans l’air… et dans les aliments.
Notre Ministre a sans doute ses raisons, et nous espérons qu’elle dormira tranquille. Mais à l’évidence pareille palinodie porte un coup terrible à la confiance dans la politique.

2 Messages

  • Politique ? De l’indifférence à l’hostilité Le 4 septembre à 07:46, par DUBOIS Jean Michel

    Bonjour Mr Merle,

    Voilà qui décrit très bien la - lamentable - situation.
    Plus d’abeilles, mais un panier de crabes (qui déborde)…

    Respectueuses salutations

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  • Politique ? De l’indifférence à l’hostilité Le 6 septembre à 18:34, par jean yves salmeron

    "Il y a d’abord le cas des renégats sans état d’âme, qui ont quitté sans la moindre gêne le Parti socialiste et les Républicains pour un siège de député LaRem, voire un portefeuille ministériel. L’Assemblée et le gouvernement en sont emplis"
    Un des meilleurs exemples de ton analyse, René, est Bruno Lemaire.
    Voilà un gars qui se présente à la primaire , LR, et qui annonce, se croyant certainement "habité" ou désigné d’avance, que le résultat ,choix du Peuple, aura son importance et marquera la politique.
    Pour lui ce sera 2,4 % .
    Soit Larem recrute des incompris, ou des revanchards que personne ne voulait, mais en tout cas des amnésiques .
    Peut être aussi était il en avance : Larem et LR, ça fricote...
    En tout cas , c’est vrai que ça dégoute du politique.

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