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À propos des perspectives électorales de 2022

mercredi 9 septembre 2020, par René Merle

Dire que la distinction Droite – Gauche en a pris un sacré coup depuis que, dans leurs trois épisodes de gestion (premier septennat de Mitterrand, gauche plurielle de Lionel Jospin, quinquennat de François Hollande) les gouvernements dits de gauche, tout en conservant avec la droite des différences évidentes au plan sociétal, ont assuré, voire anticipé, une politique de régression sociale néolibérale [1], dans l’adhésion à l’actuelle politique européenne.
Dans la perspective de la prochaine élection présidentielle, les tentatives actuelles de regroupement des diverses formations dites de gauche sont parfaitement compréhensibles, tant il est évident que le mode binaire de scrutin impose le choix d’un candidat susceptible non seulement d’arriver au second tour, mais encore de rassembler au-delà de ses électeurs du premier tour.
François Hollande vient encore de le rappeler : les socialistes tenants du social-libéralisme pensent que leur candidat pourrait (devrait ?) être aussi celui d’une coalition répondant à ces conditions. Mais peut-être que l’ex-président pensait-il à lui en priorité ?
Il est tout aussi évident que du côté des écologistes se concrétise la conviction qu’un candidat vert devrait être celui de la coalition, non seulement parce qu’il obtiendrait facilement les voix de gauche au premier tour, mais parce qu’il serait mieux à même qu’un candidat de gauche de mordre au second tour sur un électorat jeune non politisé (ou dépolitisé).
De son côté, le leader de la France insoumise laisse comprendre qu’il serait partant pour une présence au premier tour, sans préciser si elle serait solitaire ou unitaire, et sans préciser non plus, en cas de présence au second tour, s’il escompterait non seulement un ralliement rose et vert, mais un dégel en sa faveur de la masse des abstentionnistes.
Comme il paraît évident à beaucoup, (et j’en suis), que l’acceptation du carcan européen empêcherait la mise en œuvre d’une véritable politique de renouveau économique et social, mais comme il paraît évident à beaucoup (et j’en suis), qu’un refus de ce carcan soumettrait le nouveau gouvernement à des pressions terribles, génératrices de troubles graves ou génératrices de renoncements piteux (à la grecque), il apparaît finalement à beaucoup (et j’en suis aussi) que le situation est complètement bloquée.
Certes, les optimistes pensent qu’il est possible de faire évoluer l’Europe libérale vers une Europe démocratique et sociale, mais ils sont plutôt flous sur le support politique et social, qui, de la Suède à Malte, de la Hongrie à l’Espagne, permettrait de mettre en œuvre ce projet. La réalité politique actuelle de la quasi totalité des 27 états de la communauté semble aller dans une autre direction.
Dans ce contexte, il est vraisemblable qu’une fois de plus nous allons voir éclore les initiatives de regroupement à partir de la fameuse « base citoyenne », escomptant dépasser les clivages des chapelles de la gauche et de l’écologie dans la maturation d’un programme salutaire et d’une candidature miracle.
Personnellement, j’ai trop connu depuis le rejet du projet de constitution européenne en 2005 des initiatives de ce type, qui chaque fois ont tourné court, pour être partant.
Mais, comme dit la sagesse populaire, si tu n’aimes pas ça, n’en dégoûte pas les autres…

Notes

[1Les réactions à la récente intervention de Lionel Jospin sont significatives. Même Mélenchon l’encense, Mélenchon qui fut il est vrai son ministre. On oublie du coup la vague de privatisations, l’européanisme soumis et convaincu, l’ineffable Claude Allègre ministre de l’Éducation nationale dont le principal souci était de démolir le SNES, etc. etc.

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