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A propos des indépendantismes européens

jeudi 10 septembre 2020, par René Merle

Cf. : Carme Forcadell emprisonnée pour des années

On ne peut pas s’étonner, évidemment, que les indépendantismes actifs au sein de l’UE [1] aient suscité l’enthousiasme des pouvoirs centraux nationaux d’Europe occidentale.
La péripétie catalane en est une bonne illustration.
Je n’ai jamais été persuadé que l’indépendance catalane soit une excellents chose pour l’Espagne et pour la Catalogne. Mais quand même : des dizaines de dirigeants indépendantistes sont dorénavant des prisonniers politiques, et les états de l’UE, si prompts à condamner la répression politique hors de nos frontières, se taisent pudiquement au nom de la non intervention dans les affaires intérieures des états membre.
Il n’est pas inintéressant de se souvenir de l’attitude de ces mêmes états devant le grand remue ménage des nationalités après la fin du bloc de l’Est ?
Si la division de la Tchécoslovaquie a été vécue dans une sorte d’indifférence, les gouvernements de l’UE, si attachés à l’unité politique de leurs territoires, ont alors salué les naissances (ou les résurgences) de nouvelles entités nationales, et les ont même parfois accompagnées d’interventions militaires.
L’exemple de l’éclatement de la République de Yougoslavie est éclairant. On a vu par exemple l’Allemagne (et le Vatican) saluer le détonateur de l’indépendance croate, puis la France du gouvernement de la Gauche plurielle (Jospin) soutenir l’indépendance bosniaque et celle du Kossovo (dont B. Kouchner, sous l’égide de l’ONU, fut le dirigeant entre 1999 et 2001). Les avions français, on le sait, participèrent aux opérations de bombardement de l’OTAN contre la Serbie et sa capitale en 1999.
L’éclatement de l’URSS a de même été salué, et les nouvelles républiques baltes ont été accueillies avec enthousiasme dans l’UE.
Bref, on ne peut considérer le refus ou l’acceptation des indépendantismes aient été traités « chez nous » d’un point de vue absolu, « métaphysique ». Il en est allé, et il en va ici, comme en bien d’autres domaines, d’un traitement à géométrie variable, en fonction des intérêts et des engagements des différents états.

Notes

[1Par exemple Catalogne ou Écosse

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