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Retour sur le Grand Débat national

mercredi 16 septembre 2020, par René Merle

Un épisode de plus dans ma série « Les Français ont la mémoire courte ».
Allez, un effort de mémoire ! Il s’agit des premiers mois de 2018, ce n’est pas si loin que ça, et pourtant cela me semble une éternité…
Bref, qui se souvient encore des innombrables homélies que notre Président nous a infligées pendant cet interminable Grand Débat National initié le 15 janvier 2018 et clos (provisoirement) le 25 avril ?
Vous avez oublié ? Mais, si, rappelez-vous de l’appel placé en tête de son site officiel :
« À l’initiative du Président de la République, le Gouvernement engage un Grand Débat National permettant toutes et tous de débattre de questions essentielles pour les français » comme l’indiquait son site officiel.
On avait donc fin avril un bilan chiffré impressionant [1] :
1932884 contributions en lignes, 10134 réunions locales, 16337 communes ayant ouvert des cahiers citoyens, 27374 courriers et courriels reçus…
Mais surtout le Président sur tous les fronts, occupant en continu les chaines de télé… continues : joignant le geste à la parole, le Président parlant aux habitants des grandes et des petites villes, parlant aux maires, parlant aux diverses catégories sociales, parlant aux Intellectuels sagement rassemblés, parlant dans une école, parlant parlant parlant, pour comme il disait : « transformer les colères en solutions ».
Et les thuriféraires de s’extasier sur la forme physique et mentale de cet orateur incroyable : 92 heures d’intervention, debout, par tous les temps et en tous lieux (sauf sur les ronds-points), en complet veston ou en chemise, mais toujours porteur d’une invincible conviction dans sa pédagogie, avouons-le quand même, un peu lassante (en tant qu’ancien professeur, je sais bien qu’il y a une limite à ne pas dépasser si l’on ne veut pas endormir l’auditoire). Mais, et je reprends ici le célèbre (en tout cas célèbre chez moi) aphorisme provençal ;
« A ben parlat, mai qu’a dich ? [2] »
Oui, il a bien parlé, mais qu’a-t-il dit, en définitive ?
Vous pouvez toujours vous reporter à la conférence de presse donnée le 25 avril, à l’issue du Grand Débat [3].
Et de ces pauvres promesses creuses, qu’est-il demeuré, sinon l’entêtement puéril d’un enfant gâté à vouloir gouverner contre la majorité de son peuple… La suite a montré que l’anesthésie n’avait pas vraiment fonctionné.
Mais quand même ! Si la majorité ne s’est pas laissé prendre à cette entreprise d’envoûtement, il reste qu’une minorité non négligeable de braves gens ont voulu participer, sont venus, ont écrit, ont espéré, et acceptent aujourd’hui sans regimber que leurs fameux cahiers de doléances dorment dans des cartons de plus en plus poussiéreux, ou dans des archives e-mail que personne ne consulte… De quoi, et j’en reviens à mon propos initial, penser que le propos maréchalesque n’était pas dénué de fondement. Les Français auraient-ils la mémoire courte ?

Notes

[1Cf. :
Bilan Débat.

[2Graphie classique

[3Cf. : Conférence.

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