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Des pétitions, de la candidature Mélenchon et du serpent Kaa.

mercredi 14 octobre 2020, par René Merle

Quelle avalanche de pétitions !
Dans Jonas ou l’artiste au travail [1], Camus [2] raillait déjà le microcosme de la pétition, une manie chez ces intellectuels qui, disait-il, délivrent leur conscience à coups de signatures (manie à laquelle il a pourtant souvent cédé).
Qu’aurait-il écrit aujourd’hui, où, entre autres, la fine fleur de l’intelligentsia de la gauche et de l’écologie, mouvance extrêmement… mouvante, ne cesse de nous solliciter pour de nobles causes, et particulièrement de causes politiques.
Je faisais par exemple mention dans un billet récent de la pétition 2022 (vraiment) en commun [3] qui traitait d’un sujet majeur, pour qui ne voit la politique que par le petit bout de la lorgnette électorale : l’union à gauche autour d’un candidat commun.
Ces pétitionnaires ne devaient pas avoir lu les gazettes du mois d’août 2020, dans lesquelles Jean-Luc Mélenchon déclara se sentir une vocation de candidat commun à gauche. Et voilà le líder maximo, qui avait pourtant théorisé la mort de la gauche et le leurre de l’affrontement droite-gauche, en appeler aux socialistes qui, dit-il, sont les bienvenus en soutien à LFI. Pour les communistes, pas de problème, il a déjà été leur candidat commun en 2017, pourquoi ne pas continuer… Reste à séduire les écologistes pour lesquels, plus que pour tous les autres, le futur autoproclamé candidat commun a les yeux hypnotiques de Kaa du Livre de la Jungle.
La candidature Mélenchon est pratiquement actée. Et le deal proposé est clair : vous votez pour moi, et ensuite je convoque une assemblée constituante qui en finira avec le régime présidentiel.
Les mots se laissent dire. François Mitterrand avait bien dénoncé en 1964 Le coup d’État permanent du général de Gaulle, avant de se glisser voluptueusement dans l’habit du Président Monarque après 1981.
Et Jean-Luc Mélenchon ne cesse de dire qu’il est grand admirateur de François Mitterrand. Bigre…
J’ai connu Jean-Luc Mélenchon candidat du Front de Gauche en 2012, puis de la France insoumise en 2017, et j’ai voté chaque fois voté pour lui par défaut. Ce qui me gêne un peu quand je le vois prendre seulement à son compte personnel ces voix d’électeurs qui ne faisaient pas plus partie de La France insoumise que du Parti de Gauche.
Mais il en va ainsi du jeu politique dans notre régime présidentiel…
Reste à savoir comment réagiraient ces électeurs si Mélenchon s’imposait en rassembleur d’une gauche qu’il a si souvent traitée par le mépris.
Personnellement, si Dieu (?) me prête vie, j’y réfléchirai deux fois, sinon trois, avant de glisser le bulletin dans l’urne.

Notes

[1Écrite vers 1953, la nouvelle est publiée en 1957 dans l’Exil et le royaume

[2Cf. Camus.

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