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Métaphore de la Rue Myrha, de la Commune aux prières de rue, ou de la lutte des classes aux affirmations religieuses

samedi 31 octobre 2020, par René Merle

Pour qui connaît Paris, la rue Myrha est située dans le quartier populaire de la Goutte d’Or (18ème).
Pour qui connaît l’histoire, la rue Myrha est celle où se réunissaient les internationalistes (Association internationale des Travailleurs, AIT, à la fin du Second Empire.
C’est la rue où fut blessé à mort le général de la Commune, émigré polonais, Jaroslaw Dombrowski, en défendant une des dernières barricades.
C’est la rue où le communard Pottier se cacha après la Semaine sanglante et y écrivit l’Internationale.
Pour qui connaît la musique, c’est dans la rue Myrha que le belge Sax, inventeur du saxophone, créa sa première manufacture.
Pour qui s’intéresse à l’Islam, la rue Myrha est cette rue longtemps barrée par des prières de rue depuis le début des années 2000, devant deux mosquées saturées en voie d’agrandissement, avant l’ouverture d’une nouvelle mosquée près de la porte de Clignancourt. Et ceux qui prient n’ont pas la fortune des émirs du Golfe ou de l’Arabie saoudite, qui leur envoient des imams...
« Prières de rue, crack, pauvreté… Au cœur de la Goutte-d’Or, dans le 18e arrondissement parisien, cette artère – endeuillée en septembre par un incendie criminel – est souvent stigmatisée. Entre construction de logements sociaux et poussée bobo, elle est pourtant en pleine mutation. Visite guidée. » Le Monde, 30 septembre 2015.

Il y a des mises en perspective historique qu’il faut assumer lucidement, quoi qu’il en coûte, quand les "damnés de la terre" comme l’écrivait Pottier, ne se reconnaissent plus comme prolétaires, mais comme sectateurs d’une religion.

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