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Sapiens - Commentaire

vendredi 30 octobre 2020, par René Merle

L’éditorial de ce site [1] n’étant pas doté de la fonction commentaire, je donne ci-dessous le courriel-commentaire reçu ce jour de Pierre Assante, sous le titre :
"Échange intellectuel et fraternel"

"René,
« L‘espèce humaine sapiens serait, nous dit-on fièrement, la nature prenant conscience d’elle-même ».
En complément à ton édito et non en contradiction, je dirais :
Certes, je suis bien d’accord, le comportement des hommes, ici et maintenant en particulier est bien plus dangereux que celui des fourmis. Il faut le dire et le répéter.
Il n’y a aucune fierté à avoir sur le fait que l‘espèce humaine soit la nature prenant conscience d’elle-même.
La conscience a des effets positifs et négatifs, comme tout élément dans la nature et l’effet de cet élément sur le développement de la nature, ses régressions et progrès mêlés, progrès supposés en facteur de nos besoins humains quotidiens et à venir tel que nous les concevons majoritairement en un moment donné. Majoritairement en fonction de cet autre élément : l’idéologie dominante est celle de la classe dominante et de l’économie dominante, en fonctionnement communs.
Le positif ou le négatif sont relatifs à nos besoins et aux sentiments qui y sont liés, mouvement de la pensée, réorganisation permanente des enregistrements dans les circuits électriques et chimiques cérébraux et dans tout notre corps, qui en découlent
La fierté n’est pas d’ordre scientifique mais moral, et la morale est tout à fait importante pour notre survie en santé dans une Terre et tout ce qu’elle contient, et le Cosmos, au-delà qui contient notre terre et soi-même.
La fierté, comme le courage, toutes les notions morales se réfèrent non à l’abstraction contenue dans le mot, mais à un comportement dans les circonstances données historiques de court ou long terme.
Dans la connaissance que nous avons de notre espèce et de son milieu, et en supposant que nous ayons une action collective sur notre propre conscience, ce que je crois (croyance !), quelle action peut-on inventer, et mettre en pratique pour que le processus de conscience réponde à nos besoins sociaux, c’est-à-dire nos besoins propres et leur évolution positive ou négative du moment et à long terme.
Conscience et invention vont de pair. « Le lit de Platon » nous parle de ça.
Qu’en penses-tu ? Si tu as l’envie et le temps d’y penser.
Sans doute, j’ouvre une porte ouverte, mais j’avais envie d’insister pour moi-même aussi.
Amitié
Bonne santé le plus possible à toute la famille.
J’espère que ta poursuite de tes écrits t’aident et aident les autres, ce que je crois.
Grosses bises à vous.
Pierrot. vendredi 30 octobre 2020.

P.S. Tu vois, il y a 20 ans tu m’as encouragé à écrire et je ne sais si je fais bien ou mal, mais ton encouragement est généreux et je t’en remercie.

Notes

[1Éditorial : Sapiens
L‘espèce humaine sapiens serait, nous dit-on fièrement, la nature prenant conscience d’elle-même. Eh bien je ne sais pas si la nature peut être fière. Est-ce un bonheur ou plutôt un malheur que d’appartenir à cette espèce conquérante qui, en croissant et multipliant et en occupant tout l’espace, a fait disparaître ses parents (Neandertal en a su quelque chose), a mis à jamais à mal la diversité des espèces, et n’a cessé de s’entredéchirer, en jalonnant son histoire de violences, de guerres, de cruautés et d’injustices, sans parler des risques épidémiques développés depuis le néolithique, jusqu’à sa dernière invention, le capitalisme mondialisé et informatisé ?
Question que ne doivent pas se poser les fourmis, tout aussi conquérantes et guerrières, mais qui vivent de la nature sans la mettre à mal, et qui donc, sans doute, dans un monde toujours dépourvu de sens, survivront à notre extinction.

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