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Nous sommes embarqués ? (1) - Confinement

samedi 31 octobre 2020, par René Merle

Je ne sais si le confinement est une bonne ou une mauvaise chose, je ne sais s’il s’imposait en prudence ou s’il est le fruit de la panique, voire de la manœuvre d’un pouvoir décidé à briser tout ressort de contestation par un ensemble de mesures qu’il faut bien appeler liberticides…
Mais quoi qu’il en soit, nous sommes embarqués, comme disait jadis le philosophe [1], et doublement embarqués, dans la crise sanitaire et dans la crise religieuse.
Pour l’heure, quelques mots seulement sur la première de ces crises, non pour prêcher la bonne parole (ou la mauvaise), car tout a été dit, et le reste, mais pour m’aider à mettre mes idées en place, dans le brouillard des interrogations actuelles.
Il y aurait mauvaise grâce à s’en tenir à critiquer le Président et la gouvernement, leur gestion chaotique de la crise et l’impéritie de leur politique de santé et de leur « gouvernance » hospitalière.
On ne tire pas sur une ambulance.
Et d’ailleurs, nos gouvernants ne sont pas les seuls en Europe à avoir fait ces choix ou ces non-choix, et le confinement n’est pas une spécialité française, alors que nous sommes toujours dans l’ignorance au sujet du virus et d’un éventuel vaccin.
Depuis huit mois, nos chaînes d’information continue nous ont abreuvé d’avis médicaux émanant de spécialistes dont le seul lien était de ne pas être d’accord. Et cela continue allègrement. La plupart d’entre eux nous demandent d’accepter le confinement pour éviter la contagion et soulager l’hôpital ? D’autres, au contraire, dénoncent « un remède pire que le mal pour le société française ».
Cf. ce texte du 29 octobre :
confinement danger.
Quoi qu’il en soit, chacun a conscience que le premier confinement n’a rien réglé, et que nous risquons fort, de confinement en déconfinement puis reconfinement, d’aller vers un avenir qui ne chante pas.
Chacun a conscience aussi que l’épisode Covid actuel s’inscrit dans une série déjà longue d’épisodes de ce type (pensons au SRAS !), et que nul ne peut dire si d’autres virus de ce type n’apparaîtront pas une fois « le nôtre » jugulé.
Et une petite partie d’entre nous a maintenant conscience que le mal est né du plus profond de la crise de nos modes de vie, où s’enchevêtrent surpopulation urbaine et inflation des transports, (encore accrue par la démesure touristique), déforestation, pollution et néo-bouffe qui mettent à mal notre rapport à la nature et aux autres êtres vivants[[Cf. : déforestation maladie.], main mise du capital mondialisé sur la recherche et l’administration médicale, etc. etc.
Voilà, l’octogénaire que je suis (voué à l’apartheid générationnel par un jeune épidémiologique qui hante nos médias) a enfoncé quelques portes ouvertes, en essayant de ne pas voir derrière le képi d’un général très médiatisé, bientôt garant de l’Ordre …

Notes

[1C’est de l’existence de Dieu que parlait évidemment Pascal, et non du confinement, encore que… :
« Examinons donc ce point, et disons : « Dieu est, ou il n’est pas. » Mais de quel côté pencherons-nous ? La raison n’y peut rien déterminer : il y a un chaos infini qui nous sépare. Il se joue un jeu, à l’extrémité de cette distance infinie, où il arrivera croix ou pile. Que gagerez-vous ? Par raison, vous ne pouvez faire ni l’un ni l’autre ; par raison, vous ne pouvez défaire nul des deux. Ne blâmez donc pas de fausseté ceux qui ont pris un choix ; car vous n’en savez rien. — Non ; mais je les blâmerai d’avoir fait, non ce choix, mais un choix ; car, encore que celui qui prend croix et l’autre soient en pareille faute, ils sont tous deux en faute : le juste est de ne point parier. — Oui, mais il faut parier ; cela n’est pas volontaire, vous êtes embarqué. »

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