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Niemöller, du nazisme et de l’indifférence

mercredi 18 novembre 2020, par René Merle

On connaît la célèbre citation :
Quand les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste.
Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester.

Le plus souvent attribuée à Brecht, elle a été en fait prononcée par le pasteur allemand Niemöller en 1946, et a fait depuis l’objet de versions légèrement différentes entre elles.
La version donnée ci-dessus est reconnue comme définitive par la Fondation Martin Niemöller.

Vous trouverez sur Internet une ample documentation sur Niemöller, et sur Brecht.
Je me bornerais ici à deux remarques :

Que la citation vienne de Niemöller et non de Brecht est particulièrement significative, car, à la différence du communiste Brecht, Niemöller, né dans un milieu conservateur, fut en 14-18 un militaire dévoué au Reich, puis un membre des groupes paramilitaires anti-spartakistes les Corps Francs, puis un électeur qui ne fut pas indifférent à l’apparition du nazisme, alors qu’il allait être consacré pasteur protestant. La citation s’appliquait donc parfaitement à lui, que l’on vint chercher pour l’envoyer en 1937 au camp de concentration de Dachau, pour avoir protesté contre la persécution des Juifs.

La seconde remarque a trait à l’ignominie de la version du texte donnée par le Monument de l’Holocauste des Etats-Unis :

First they came for the Socialists, and I did not speak out—
Because I was not a Socialist.
Then they came for the Trade Unionists, and I did not speak out—
Because I was not a Trade Unionist.
Then they came for the Jews, and I did not speak out—
Because I was not a Jew.
Then they came for me—and there was no one left to speak for me
.

Cherchez bien. Vous ne voyez rien ? Sinon la suppression du mot « communiste », insupportable aux yeux de ces bons citoyens américains et fidèles mainteneurs de la mémoire juive.

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