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Une journée (ordinaire ?) de confinement

mercredi 25 novembre 2020, par René Merle

Si cela peut vous intéresser, je n’ai pas écouté notre président ce mardi soir, et j’ai préféré visionner un bon vieux Véra, garanti sans révision du kama sutra.
Pourquoi l’écouter ? Nous savions déjà ce qu’il allait annoncer.
En ce qui me concerne, bon citoyen que j’essaie d’être, et gros prudent vu mon âge, je ne sors que pour faire les courses et le petit tour règlementaire à proximité du domicile, l’attestation dûment remplie et le masque sur le nez. Comme on me l’a recommandé, je ne reçois personne, je ne vais chez personne, je prie pour que mon téléphone et ma télé ne tombent pas en panne, et que je ne marche pas sur mes lunettes.
Et comme tout un chacun, j’en ai marre.
Je comprends donc pourquoi notre Président a essayé par ses annonces de faire tomber la tension qui risque de devenir insupportable.
Maintenant je devrais être rassuré puisque, nous dit-on, la propagation du virus diminue, et que je pourrai prendre progressivement les risques jusqu’alors interdits.
J’en accepte évidemment l’augure, mais avec la plus grande méfiance, car même si les Français ont la mémoire courte, comme disait le Maréchal en 1940, je me souviens des cocoricos de l’annonce du déconfinement général début mai de cette année, et de ses suites…
Mais bon, il faut donc recommencer à vivre dangereusement, en « présentiel » comme on dit dans le charabia officiel d’aujourd’hui.

Tiens, en parlant de « présentiel », et de l’amélioration de la situation hospitalière, j’ai vu cette après-midi de ma fenêtre (elle donne sur les bureaux de l’agence régionale de santé) une manifestation de jeunes femmes en blanc. Renseignement pris, il s’agissait des élèves des écoles d’infirmières dont on avait brutalement interrompu la formation pour les envoyer en renfort à l’hôpital, et naturellement en les félicitant pour leur altruisme contraint.

Photo Var Matin, Patrick Blanchard.

J’ai été aussi interrogé par la curieuse attitude du Ministre de l’Intérieur qui, tout en imposant l’interdiction des méchantes images de répression, se dit heureux que d’aucunes lui ont révélé le comportement de certains de ses subordonnés dans le démantèlement des camps de migrants à Paris. Il aurait quand même été plus simple pour lui qu’il n’y ait pas eu de photos et de vidéos. Et évidemment, quand la loi sera appliquée, il n’y en aura plus, sauf celles acceptées par le filtre officiel. Plus de photos, plus de violences, plus de problèmes...

Interrogé aussi, ou plutôt indigné et troublé à la fois par les images de ces centaines de jeunes Afghans évacués brutalement de leurs tentes et errant dans Paris.
Je ne sais plus où finit la solidarité et où commence l’irresponsabilité.
Devant le flot de migrants sans papiers venant des zones de guerre, en quête de paradis occidental et de mirobolant accueil parisien, la fourniture associative de téléphones portables et l’installation sauvage et à répétitions de tentes en milieu urbain serait donc la bonne riposte ? Est-ce vraiment la solution voulue, à terme, par les habitants de Saint-Denis, du XIXe ou de la place de la République ?
De belles Âmes lui préfèreraient l’ouverture de lieux voués à d’autres activités, comme les salles de congrès et les salles de sport vidées par l’épidémie. Mais ensuite, quand l’épidémie sera jugulée ?
Chacun comprend qu’au-delà du nécessaire secours immédiat, la question d’un pareil flux migratoire nécessite d’autres réflexions et d’autres solutions. Sinon, l’avenir ne sera que celui de terribles crises de ce type à répétition.
Et ce n’est pas faire égoïstement le lit de l’extrême droite que d’en parler.
D’ailleurs, j’aimerais bien savoir, s’ils étaient au gouvernement, quelles seraient vraiment les solutions des politiques qui aujourd’hui condamnent la répression policière.

Voilà, pour terminer cette journée de confinement ordinaire, qui n’a pas été ordinaire pour tous.

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