La Seyne sur Mer

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Ceci s’appelle l’automne, poème

vendredi 27 novembre 2020, par René Merle

Je continue à alimenter en archives ma rubrique Écriture personnelle : nouvelles, romans, poésies, préfaces....
Autour de mes 40 ans, il m’est arrivé d’écrire beaucoup de poésies, en français, et en occitan.
La plupart sont restées dans mes tiroirs.
Certaines pourtant ont été publiées en édition bilingue dans les deux recueils du "Radeau de la Méduse".
En voici une, dans sa version française [1], publiée en 1989.
Pour les initiés, elle est inséparable de mon attachement quelque peu chamanique au Cap Sicié et aux reliefs calcaires encore déserts de l’arrière pays toulonnais.

Ce matin n’en finit pas d’arriver
On le devine
Cependant il va sans dire on se sait vers quelles confluences
La grand cavalerie des rêves s’est arrêtée
Les étoiles ont fermé la porte
Il s’éclaire ici un ciel de craie de craie
Sans s’aventurer les arbres
Regardent
Mais pourquoi de quel usage
Ni plus ni moins exacte que par ailleurs
Et conséquente roule l’orgue du temps
On appelle cela l’automne
Prunelle de bois éteinte
Vieille statue peinte aux couleurs d’antan
Bleu et rouge bleu surtout et rouge
Voilà que des inconnus t’ont relevée des schistes
Non sans un frémissement
Convenables tournent les vols d’oiseaux migrateurs
Que leur importe cette roche humide désormais
Si vient la mer
Ouverte à mille regards indifférents
Bactéricide et longue à refroidir la vieille mer
On appelle cela l’automne
Au quai sont amarrés les espadons
La terre ne se languit plus
La terre travaillée de pensées mal connues
Qui veut savoir se penche au puits par exemple
Là-haut souffle un grand vent machinal
Et les acacias sont déjà nus
Longtemps je suis resté sur cette impression cassée
Des algues n’ont pas manqué de remonter à flot
Et même les papillons de nuit frappeurs de vitres
Voici les temps de l’abondance
Les pas de la nuit remontent au grenier
Quelque chose méticuleuse quelque rancœur tassée
Les vents coulis decendent la colline
Sans même gêner les genévriers tristes
Voici l’heure des toiles cirées luisantes
Les facéties doivent s’oublier
Les mots ne peuvent prendre que le sens dévolu

Notes

[1Pour accéder à la version occitane, voir la rubrique "écriture personnelle sur mon site Remembrança. Accès au site : dernier bouton à droite de la bande supérieure de ce site

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