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Macron, c’est fini ?

mardi 1er décembre 2020, par René Merle

Je suis toujours étonné de la façon dont, en surfant sur l’événement, pour ne pas dire sur l’anecdote, des commentateurs de bonne foi, en l’occurrence deux plumes de Regards [1] en arrivent à prophétiser sur le fond de l’affaire, à savoir l’avenir de la Nation.
Je pense à Regards comme j’aurais pu penser à tant d’autres refuges d’électrons plus ou moins libres, qui, tout en ayant pour M. Mélenchon les yeux de Chimène, n’en appellent pas moins inlassablement, et sans grand succès, au rassemblement des forces dispersées. Et attendent impatiemment l’hirondelle qui va faire le printemps.
Ainsi de la « Marche des Libertés contre les lois liberticides » de samedi dernier.

Bien sûr que la foule parisienne était dense pour la Marche des Libertés contre les lois liberticides, une manifestation dont le succès tient autant à l’émotion citoyenne qu’à la sociologie parisienne, et au fait que l’appel à manifester n’était pas directement celui des organisations traditionnelles de la gauche, mais celui d’une constellation d’associations, journalistes au premier chef, et de la Ligue des Droits de l’Homme.
Mais comment croire que cet épisode annonce la fin inéluctable du macronisme, comme l’affirme M. Jacquemain ?

Bien sûr que le Président est fragilisé par l’invraisemblable travail de pieds nickelés que MM. Castex et Darmanin, ses nouveaux hommes liges extraits du sérail sarkozyste, ont réussi à créer autour du fameux article 24.
Mais, n’en doutons pas, pendant que les différentes oppositions se polarisent sur l’horizon électoral (régionales et surtout présidentielles), les maîtres de l’économie ont d’autres horizons : à qui faire payer l’énorme déficit engendré par les dépenses liées à l’épidémie ? Salariés et surtout retraités vont se retrouver sacrifiés au nom de la solidarité nationale, alors qu’une partie de la jeunesse va plonger, plus que jamais, dans la précarité et la pauvreté.
Les forces d’argent et les réseaux d’influences qui ont porté M. Macron aux affaires, pour qu’il les serve, l’abandonneront sans états d’âme s’il n’apparaît plus efficace. Mais ce sera pour miser sur d’autres commis. Et il paraît probable que déjà d’autres solutions sont envisagées, qui assureront la permanence institutionnelle du système néo-libéral capitaliste.
Et par là même cela nous montre l’inanité du bal électoraliste des Égos, quand rien n’est vraiment envisagé de l’inévitable choc frontal avec ce système capitaliste. Dans ces conditions, la crise sociale inévitable ne générera pas automatiquement un retour de la « vraie » gauche aux affaires, mais bien plutôt l’alternative : politique néo-libérale cautionnée par une potion rose-verte, ou passage en force d’un autoritarisme new-look, pour lequel, outre le RN, un certain général se dit déjà partant.

Notes

[1M. Jacquemain, qui fut la plume de Mme El Khomri aux temps bénis du Hollandisme, avant de condamner sa loi du travail, et Mme Autain, députée atypique de LFI proche des « refondateurs » communistes

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