La Seyne sur Mer

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Ce qu’il faut savoir, ce qu’il faut penser...

mardi 5 janvier 2021, par René Merle

Je fréquente assidûment le merveilleux « Gallica presse » qui nous permet de consulter les journaux du XIXe siècle et de la première moitié du XXème (et la numérisation continue).
J’ai également le souvenir des journaux que je lisais dans mon jeune âge.
Les titres étaient factuels, et, s’il leur arrivait de pointer l’événement avec indignation, ironie ou approbation, il me semble qu’ils n’infantilisaient pas le lecteur.
Aujourd’hui, quelle que soit l’orientation du journal, qu’il soit noblement parisien ou qu’il arrose la glèbe de nos « territoires », histoire de mâcher le travail à des méninges qu’il ne faut pas trop fatiguer, je vois fleurir en titre, après un événement, une déclaration présidentielle ou un conflit social, voire une compétition sportive, l’expression : « Ce qu’il faut savoir de… », voire « Ce qu’il faut retenir... »
Quand ce n’est pas l’injonction plus directe et plus inquiétante : « Ce qu’il faut penser de… »
Ainsi va la décérébration du lecteur en ces temps où la rapidité, pour ne pas dire la précipitation, est une vertu, et où on annonce sur internet le temps de lecture d’un article, histoire de nous rassurer sur sa concision.
Rassurez vous, on pense pour vous, et dans le résumé salutaire.
Il est vrai que par ailleurs, aujourd’hui où tout le monde écrit et tout le monde publie sur les réseaux asociaux, il ne faut pas se risquer à faire trop long. Les « Like » vont au très court, qui se veut condensé et n’est souvent que vide.
Ainsi nous savons ce que pensent nos « Amis » et nous savons « ce qu’il faut penser »… Mais surtout ne pensons pas pas nous-mêmes... Comme nous le dit ma vieille affiche de Klaus Staeck.

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