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Nouvelles de Roumanie

lundi 4 juin 2018, par René Merle

ROMS (OCTOBRE 2012)
En 1989, Ceaucescu à peine tombé (et fusillé), un avion s’en vint déverser une flopée de personnalités françaises (politiques, artistes, sportifs, etc., ambassadeurs autoproclamés de la démocratie occidentale), venues saluer le nouveau régime et ses nouvelles espérances européennes.
Le 1er janvier 2007, saluée une fois encore par toute la médiocratie européiste, et naturellement par nos Belles Âmes, la Roumanie et ses presque 22 millions d’habitants entraient dans l’Union européenne. Libre circulation européenne pour les citoyens roumains à partir de 2002, mais nécessité en France, jusqu’en 2014, d’un titre de séjour et d’une autorisation de travail. Il n’était pas le moins du monde question alors des quelque 500.000 Roms de Roumanie.
Depuis, par dizaines de milliers, les Roms de Roumanie ont fui vers "le paradis" de l’Europe occidentale les très dures conditions de vie que leur réserve la nouvelle "démocratie" roumaine (le régime précédent leur garantissait à tout le moins un emploi, dans l’agriculture collective, le ramassage et le tri, l’industrie d’État). (Notons que par ailleurs des centaines de milliers de Roumains non Roms ont également quitté le pays en direction principalement des États d’Europe du Sud)
Nos politiques et nos Belles-Âmes n’avaient apparemment rien anticipé de cette migration, qui touche au plus vif la bonne conscience européenne de la libre ciculation. Voilà maintenant nos politiques qui chassent électoralement du Rom, cependant que nos Belles-Âmes affirment qu’accueillir humainement, loger, trouver du travail à ces malheureux serait chose facile et nécessaire : au gouvernement de mettre en place un vrai programme d’insertion sociale et professionnelle... Demande reprise généreusement par la Gauche de la Gauche... Cependant que les Ponce Pilates de la Commission européenne exigent de la France qu’elle lève l’ensemble des restrictions encore en vigueur, et qu’elle intègre au plus vite ces nouveaux immigrants...
Quand quelqu’un se noie, il n’est certes pas question de pinailler sur les responsabilités, il faut agir : et les actions humaines immédiates, comme par exemple celle de la municipalité de Gardanne (B-d-Rh) et de quelques autres, en sont de vrais exemples, au contraire des déplacements sans fin des campements roms.
Pour autant, on ne pourra pas avancer en disant (c’est l’antienne actuelle) que le problème peut se régler facilement : les Roms ne sont en France que 15000, une goutte d’eau... C’est ne pas voir qu’il ne s’agit que d’un début. C’est fermer les yeux sur le refus des nouveaux pays européens comme la Roumanie et la Bulgarie de permettre de vivre dignement à leurs malheureux nationaux Roms (il en est d’autres, chefs de clans, qui affichent un luxe ostentatoire). C’est développer le scepticisme et l’hostilité populaire en n’expliquant pas, en ces temps où, nous dit-on, les caisses sont plus que vides et où la précarité menace tant de travailleurs, comment ces émigrés pourront être accueillis dans des conditions humaines... Le récent et tristement célèbre épisode marseillais en est la preuve, où des habitants d’une cité, majoritairement issus de l’émigration maghrébine, ont chassé des Roms qui s’installaient près de chez eux.

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