La Seyne sur Mer

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1er janvier 1921. Il y a 100 ans, du socialisme au communisme…

vendredi 1er janvier 2021, par René Merle

En un temps où l’immédiateté de la radio et de la télé n’existait pas, c’est par la presse du 1er janvier que les électeurs et militants du parti socialiste (unifié en 1905 sous le nom de SFIO (Section française de l’Internationale ouvrière) apprenaient que dans la soirée du 30 décembre s’était terminé l’épuisant Congrès du Parti (commencé le 25 à Tours), et que, dès le 31, le Parti avait officiellement éclaté.
L’Humanité de ce 1er janvier, acquise aux majoritaires, sous-titrait toujours « Journal socialiste », mais depuis la veille existaient en fait deux formations. L’une, enthousiasmée par la révolution soviétique, qui se disait révolutionnaire et qui avait obtenu la majorité. L’autre qui entendait toujours aller au socialisme par la voie réformiste et légaliste.
La majorité avait entériné l’adhésion à la IIIème Internationale d’un parti qui s’appelait dorénavant Parti socialiste SFIC (Section française de l’Internationale communiste). La minorité avait refusé cette adhésion et entendait faire toujours vivre l’ancien parti SFIO.
Mais formellement tous se réclamaient d’un même idéal. Ainsi un des dirigeants de la minorité, Léon Blum, qui déclarait : "Révolution, cela signifie pour le socialisme traditionnel français : transformation d’un régime économique fondé sur la propriété privée en un régime fondé sur la propriété collective ou commune, voilà ce que cela veut dire. C’est cette transformation qui est par elle-même la révolution, et c’est elle seule, indépendamment de tous les moyens quelconques qui seront appliqués pour arriver à ce résultat."

Voici comment l’éditorial de l’Humanité du 1er janvier, signé Daniel Renoult, présentait l’initiative des minoritaires :
« C’est la glorification de l’action légale et réformatrice à une époque historique où cette action est rendue impossible, non seulement par le triomphe de la réaction blanche, mais encore par la situation économique qui exclut l’espérance d’améliorer le système actuel. »
Cent ans après, le lecteur jugera si, selon la formule consacrée, chacun de ces deux partis (socialiste et communiste) a son avenir devant ou derrière lui.

Pour entrer dans le vif de ce Congrès (présentation, interventions des délégués, motions, votes) je vous conseille l’ouvrage tout frais paru en décembre : Jacques Girault, Jean-Louis Robert, Le Congrès de Tours, éditions Le Temps des Cerises, 2020 [1].

Notes

[1Présentation de l’éditeur :
Tours, 30 décembre 1920, Paul Vaillant-Couturier lit l’acte de naissance du Parti socialiste (Section française de l’Internationale communiste), bientôt Parti communiste français. La scission du socialisme français, rassemblé en un seul parti depuis 1905, est consommée. À dater de ce jour, deux organisations, et bientôt deux courants politiques entrent en concurrence. Pour les deux partis, les années de reconstruction confirmeront, accentueront ou inverseront les choix de Tours. La scission ne prend effet que par la pratique politique et sociale. Cette scission, aux origines multiples, cristallise la contradiction contenue dans le couple réforme-révolution, par l’émergence de deux forces politiques, de deux modes de pensée, de deux cultures.
Si des mutations sensibles, en particulier depuis 1989, ont largement modifié le champ politique, les débats portés par le congrès de Tours permettent de comprendre la résurgence de cassures profondes au sein du mouvement social et progressiste en France et dans le monde.
Le choix de textes, qui restitue la richesse des discussions de l’année 1920 au sein du socialisme français, ne concerne pas seulement les historiens. Il intéressera tout autant ceux qui s’interrogent au présent sur la politique. Il permet en effet de mieux comprendre, cent ans plus tard, certains débats actuels en éclairant leur dimension historique essentielle.

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