La Seyne sur Mer

Accueil > Histoire, de la Préhistoire à aujourd’hui > 1945-2000 et au-delà > Les espérances déçues. Thorez et le passage au socialisme. 1946

Les espérances déçues. Thorez et le passage au socialisme. 1946

samedi 13 février 2021, par René Merle

On a pu lire récemment sur ce site un long article présentant la position du compagnon de Marx à la fin du XIXe siècle : Engels tourne la page de la voie révolutionnaire insurrectionnelle, en misant sur une stratégie unitaire permettant une victoire électorale.
Engels, le Parti social-démocrate allemand et le passage pacifique au socialisme, 1895.
Il n’en sera plus exactement question après l’immense tuerie de la guerre et la naissance d’un communisme européen fasciné par la révolution soviétique.
Le jeune Parti communiste né de la scission de la SFIO fin 1920 s’inscrit à nouveau dans cette perspective révolutionnaire.
Cf. : 1er janvier 1921. Il y a 100 ans, du socialisme au communisme…

1946. Le temps est loin où le jeune Parti communiste des années 1920 clamait dans toutes ses manifestations : « Les soviets partout ! ».
On peut suivre par ces trois textes l’évolution du Parti par rapport aux perspectives révolutionnaires :
1924 Parti communiste français – programme électoral de 1924
1934 Les communistes français et la révolution, 9 février 1934
1936 Les communistes français et la révolution, 1936

En 1946, Maurice Thorez, dirigeant d’un Parti communiste premier parti de France (28,6% des suffrages), est aussi vice-président du Conseil dans un gouvernement de coalition avec les « chrétiens démocrates » du MRP et les socialistes SFIO.

Dans la déclaration que le secrétaire général du Parti communiste français a accordé au Times, et que reprend l’Humanité du 19 novembre 1946, la rassurante stratégie unitaire de passage pacifique au socialisme est clairement présentée, dans un monde dont Thorez refuse la scission en deux blogs antagonistes qui s’annonce.









C’est, comme l’écrira l’universitaire Jean Vigreux, « l’affirmation, dix ans après 1936, de l’intégration du PCF dans la culture nationale éloignée du modèle soviétique. Le secrétaire général du PCF rejoue en quelque sorte le moment du Front populaire où les communistes ont eu un rôle moteur. » (l’Humanité 18 novembre 2016).
Cet optimisme se fracassera quelques mois plus tard à peine avec l’éviction des ministres communistes, la dure réalité des luttes sociales et les débuts de la guerre froide.
Et cet optimisme qui réapparaitra dans les années 1970 avec le Programme commun de la Gauche et la participation communiste au gouvernement socialiste, se diluera lentement dans l’effondrement de l’électorat communiste, profondément déçu par la politique néo-libérale des dirigeants de gauche auxquels il avait fait confiance.
Quelle différence entre les presque 27% de 1946 et les scores actuels...
La question n’en demeure pas moins posée, cent ans après sa naissance, de la place, du rôle et de la stratégie du Parti communiste dans la crise actuelle. Enterrement définitif ou renouveau efficace ?

Répondre à cet article

| Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 | SPIP