La Seyne sur Mer

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Trenet au temps des Chantiers de la Jeunesse

mardi 23 février 2021, par René Merle

Je reviens sur un souvenir d’enfance déjà mentionné sur mon ancien blog.
Qui, comme moi, a défilé en colonne martiale au temps des colonies de vacances d’après la Libération, (je parle donc des septuagénaires, octogénaires, valétudinaires, dont je fais partie, sans oublier nos chers copains disparus) ne peut ignorer cet hymne joyeusement optimiste que l’on nous faisait entonner, inconsciemment (?) dans le droit fil du pétainisme à peine tombé, et dont j’ai eu grande surprise, ultérieurement, d’apprendre qu’il était l’œuvre en 1942 de Charles Trenet [1913], le "fou chantant" stigmatisé par les chasseurs pétainistes de "zazous", béret PPF et légionnaire, tondeuse à la main. Avait-il voulu se refaire une virginité ? (les journaux fascistes du temps le dénonçaient même comme juif [1]
Était-ce tout simplement un aspect de son caractère tonique et de sa célèbre joie de vivre ? Je n’en sais rien.
En tout cas, les Chantiers de la jeunesse pétainistes l’utilisaient abondamment.

Voici donc ce chant de marche qui, hélas, indépendamment de son contenu idéologique, s’est inscrit malgré moi dans mon disque dur mémoriel, autant que "Maréchal nous voilà" qu’il fallait chanter dans la cour d’école [2]...

Les paroles en tout cas prennent un sens singulier si on les replace dans le contexte de cette sinistre année 1942, et plus encore dans celles qui suivirent.
Peu importe, en définitive.
Mais avec le recul, je réalise tout ce que nous avons avalé comme confiture "chansons de jeunesse - répertoire scout, etc" au lendemain de l’épisode pétainiste.

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