La Seyne sur Mer

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À chacun son Mai 68. Élisabeth Roudinesco… et moi

jeudi 7 janvier 2021, par René Merle

J’ai relu récemment d’Élisabeth Roudinesco, Retour sur la question juive, Albin Michel, 2009.
Au-delà de l’intérêt et de la gravité du propos central, je relève cette incidente sur Mai 1968 qui m’a laissé songeur.

« Mai 1968 fut en fait un moment où, pour beaucoup de jeunes intellectuels de ma génération, la question de l’adhésion à un idéal révolutionnaire passait davantage par une interrogation sur le langage et les formes que par un engagement directement politique ? Et c’est pourquoi tout était devenu, pour nous, affaire de signifiants. »

J’avais 32 ans en 1968 et je n’entrais déjà plus dans la catégorie des jeunes. Et j’ai vécu Mai 68 « en province », c’est-à-dire à Toulon et à La Seyne sur Mer.
Élisabeth Roudinesco avait 24 ans en 1968 et elle a vécu le mai 68 parisien au quartier latin.

J’essaie de me souvenir du jeune adulte que j’étais en 68 et je ne peux en rien me retrouver dans ce propos, qui me révèle un autre pan de la réalité intellectuelle et politique.
J’aurais sans doute haussé les épaules en ce beau mois de mai, entre grève ouvrière des Chantiers navals ou de l’Arsenal, et grève des lycées de mon établissement… Mon environnement, mes préoccupations, mes découvertes, mes enthousiasmes ne portaient pas sur une interrogation linguistique…
Mais le propos d’Élisabeth Roudinesco a pour moi le grand mérite de me révéler un champ intellectuel et politique français qui n’était en rien le mien, et dans lequel je ne me suis immergé, sans conviction, que bien plus tard.
Pour mieux comprendre comment Élisabeth Roudinesco a vécu ce Mai, vous pouvez vous reporter à son entretien « Les portes de tous mes désirs. [1] »

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