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Chabrol, "L’ivresse du pouvoir"

samedi 6 février 2021, par René Merle

Avec les nouveaux accès télévisuels, il en va des DVD comme des défuntes cassettes télé, on ne sait plus s’il faut les garder ou faire le ménage quand ils encombrent trop les étagères….
J’ai donc gardé, et aussi fait le ménage.
Parmi les sauvegardés, un des dernier films du très regretté Claude Chabrol [1930-2010] : L’ivresse du pouvoir [2006], que j’avais salué à sa sortie sur un très ancien blog.
Puisque la mode est au retour de l’instruction civique dans nos classes, on ne saurait trop conseiller aux enseignants de collège et de lycée, sont sommés de s’y coller, l’utilisation de ce film manifestement inspiré de l’affaire ELF, qui défraya la chronique en son temps. Affaires ? notre actualité nous en donne bien d’autres… Raison de plus pour demeurer dans ce qui est déjà de l’Histoire.
Je sais, je sais, le film a suscité le courroux, bien compréhensible, de la juge chargée de l’enquête, (et qui la mena vigoureusement à terme), devant l’utilisation de sa vie privée et ce qu’elle a ressenti comme une instrumentalisation réductrice de sa démarche. (Cette juge fut ensuite candidate à la présidence de notre République...)
Mais nos lycéens n’en auraient cure, car ils ignorent sans doute ce versant de la vérité et seraient peu à même de faire le lien avec l’itinéraire politique national actuel de l’ex-juge en courroux.
Sans négliger le drame privé que vit la juge entièrement phagocytée et grisée par son enquête, nos lycéens pourraient donc découvrir, dans ce polar plus que bien ficelé, comment une justice saine peut traquer les abus de bien sociaux conséquents commis dans un grand groupe pétrolier national qu’il n’est pas difficile d’identifier. Et au-delà, ils constateraient comment fonctionnent les circuits financiers occultes dont peuvent profiter, dans notre monarchie républicaine, bien des hommes politiques de premier plan qui se placent au-dessus des lois. Et nos lycéens réaliseraient enfin quels bâtons dans les roues de la justice peuvent glisser ces mêmes profiteurs...
Rassurez-vous, dans ce film éminemment politique, Chabrol ne nous assène pas une pesante dénonciation. Le constat est là, efficacement mâtiné d’humour. À chacun d’en faire son profit, si j’ose dire.

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