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De la palinodie présidentielle et de la Start-up Nation

vendredi 8 janvier 2021, par René Merle

Ce site n’a pas pour vocation de commenter l’actualité au jour le jour.
Et s’il m’arrive quelquefois de m’y aventurer, j’en conviens, ajouter sa goutte d’eau à l’océan médiatique relève du pur narcissisme voire de la totale inutilité. Les rangs des éditorialistes commentateurs qui pensent pour nous viennent de perdre une figure éminente, mais il en demeure suffisamment pour occuper les débats télévisés.
Ceci dit, risquons-nous.
Si la gestion de la pandémie ne semble pas plus brillante chez nos voisins que chez nous, le cas français me semble quelque peu à part, dans la mesure où notre Président, et sa frétillante coterie strauss kahnienne, transformant notre vieille République en Start-up Nation, ont voulu soumettre les fonctions régaliennes aux puissants intérêts économiques dont ils étaient les obligés.
Las, sans crier gare la pandémie est venue frapper à la porte de l’État, et, comme lors de toute catastrophe dite naturelle, c’est vers les services publics de première nécessité que les Français se sont retournés. Et non seulement la capacité d’accueil de nos hôpitaux, mise à mal par la par la restructuration entrepreneuriale [1], était gravement insuffisante, mais la gestion de la crise relevait de l’impréparation et de l’improvisation, quand ce n’était pas du mensonge d’État. À ce propos, le traitement de l’inquiétante actualité par le Canard enchainé de cette semaine est particulièrement réjouissante !
Je vous y renvoie.

Le pouvoir a tout fait pour persuader les Français qu’il dépendait d’eux et d’eux seuls que le virus ne se propage pas. Les Français ont joué le jeu, mais ils attendaient en retour une gestion claire et cohérente. On ne peut dire qu’ils aient été vraiment gratifiés.
L’actuelle palinodie témoigne à nouveau, si besoin était, de la difficulté de ce Président et de ce pouvoir à assumer les fonctions régaliennes qui leur sont dévolues. Un Président partisan de la prudente lenteur, pour rassurer une opinion jugée peu enthousiaste devant le vaccin, puis un Président désavouant ses serviteurs annonçant une rapide vaccination généralisée, afin de rassurer ceux qu’inquiète l’absence de protection. Bref, navigation à vue. Il ne s’agit pas ici de faire un procès ad hominem, mais seulement de constater que les qualités et la vista nécessaires pour diriger une Start up Nation ne sont pas celles qui conviennent pour diriger comme il convient l’État-Nation. Nous avons besoin d’Hommes d’État.
Mais où sont-ils ?
À ce sujet, petite incidente, mais qui pourrait avoir de grosses conséquences : après l’émotion suscitée par la difficulté (l’incapacité ?) du ministère de l’Intérieur à gérer des fêtes sauvages [2], on peut craindre que se développe une aspiration à l’efficacité et à l’Ordre dont, plus que Mme Le Pen, pourrait profiter un certain Général en réserve de la République du côté du Puy du Fou. Il viendrait compléter une belle série historique !

Notes

[1Restructuration entrepreneuriale initiée en 2005-2007 par M. Castex, alors directeur de l’hospitalisation et de l’organisation des soins au ministère de la Santé (DHOS), poursuivie sous les quinquennats Sarkozy et Hollande, et accélérée aux débuts du quinquennat Macron

[2Signe des temps, alors que la plupart des Français condamnent ces inconscients générateurs de clusters, une certaine gauche y voit la juste révolte de la jeunesse sacrifiée

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