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Élection présidentielle 2022

mercredi 3 février 2021, par René Merle

À propos d’élection présidentielle, et au cas où vous ne l’auriez pas lue, je m’en voudrais de vous priver de la pochade que j’ai publiée sur ma page Facebook le 17 janvier :

" Chose promise, chose due, parlons un peu de l’élection présidentielle. Ce qui ne va pas me faire que des amis, je le crains. J’ai un peu honte, mais je dois vous dire mon profond désintérêt et scepticisme pour cette élection, telle qu’elle se présente.
Car c’est bien parti pour qu’on nous refasse le coup des élections précédentes, Constitution de la Ve aidant.
Vous ne vous souvenez pas ?
En 2007, dans leur grande sagesse, la majorité des électeurs ont prouvé qu’ils étaient admirateurs de Louis de Funès et qu’ils n’étaient pas xénophobes du tout, en choisissant un homme à poigne, chantre du Néo Libéralisme, qui allait passer la délinquance au karcher et vous liquider le chômage vite fait. La candidate un peu vite autoproclamée candidate de la gauche plurielle et des écologistes était renvoyée à ses foyers (endoloris)…
Las ! Une grande partie des électeurs ont vite été fatigués des rodomontades de Nicolas, et en 2011, dans leur grande sagesse, ils avaient les yeux de Chimène pour un certain DSK, l’homme miracle, qui aurait été élu par la gauche dite plurielle si, vous vous en souvenez, sa libido ne lui avait pas joué un tour. On l’a échappé belle !
Du coup, en 2012, nos électeurs, toujours dans leur grande sagesse, ont rallié l’ex de la candidate de 2007, lui aussi candidat autoproclamé de la gauche plurielle et des écologistes. La Finance était son ennemie et il allait balayer les écuries d’Augias du Néo Libéralisme. Personnage sympa a priori.
Bon vous connaissez la suite. Jamais le Néo Libéralisme ne s’était aussi bien porté que sous le règne du Président Normal et de son conseiller et ministre des finances et de l’économie, un jeune inconnu issu de l’écurie de la Finance. Quelle déception pour les militants socialistes sincères ! et pour les électeurs…
Voilà donc en 2017 notre Président Normal sommé de faire ses bagages pour laisser place à un jeune prodige absolument neuf, quoique ancien conseiller et ministre des finances, qui n’avait plus qu’à prolonger et aggraver le train de mesures anti sociales initié auparavant. La majorité des électeurs n’étant pas cartésienne a jugé cela logique et a misé sur sa jeunesse, sa fougue et son « en même temps »…
Las, les gogos sont une fois de plus déçus. Et bien des ralliés à Macron au second tour ont compris que l’on ne pouvait pas gouverner notre République comme une Start Up Nation. Jupiter a du plomb dans l’aile.
Alors maintenant ? Ne parlons pas des si utiles candidats repoussoirs, style Le Pen ou Général De Villiers, devant lesquels on nous sommera de nous rallier à Macron au second tour, pour sauver la démocratie et la République… et Macron.
Mais parlons de ceux qui pensent offrir une alternative positive et progressiste, à condition bien sûr d’être présent au second tour.
Je ne parle donc pas des candidatures LO, NPA, sans doute PC, qui ne visent pas le second tour mais veulent profiter du premier pour faire connaître leurs analyses et leurs propositions.
Mais parlons de celle ou de celui qui arriverait au second tour porté par une éventuelle union des formations de gauche et des écologistes. Alors là, on se bouscule au portillon. Hidalgo, Hollande (mais oui !), Jadot, Mélenchon, Montebourg, Piolle, Taubira, j’en passe et des meilleures…
Quel qu’il soit, qui nous garantit qu’il ne continuera pas la même politique que celle de ses prédécesseurs ? Tous ont trempé dans les expériences précédentes, y compris Mélenchon, ministre de Jospin et grand admirateur du rusé Mitterrand. Comment faire confiance les yeux fermés ? Ou alors comment ne pas voter résignés, et déçus d’avance…
La triste entourloupette du Printemps marseillais est désespérante, qui a vu une fière écologiste portée à la mairie par l’enthousiasme unitaire, céder sa place à un socialiste plutôt minoritaire et pas très populaire. Comment croire à cette politique unitaire après cela ? Comment ne pas comprendre l’abstention massive ?
L’unité d’ailleurs n’est pas un mot magique : si je reviens sur le local, l’alliance in extremis de la gauche plurielle et des Verts n’a pas empêché la droite de prendre haut la main la mairie de La Seyne. Pauvre Seyne ! Je te vois de mon balcon et ça me rend malade. Mais je continuerai à aller acheter les raviolis chez ex Revertégat.
Mais pour en revenir au plan national, quel éventuel élu aura le courage de s’opposer enfin de front à la tutelle européenne, qui bloque toute mesure sociale et impose concurrence, dérégulation, mort des services publics, restrictions budgétaires, etc. ? Chacun comprend bien pourtant que si cette tutelle persiste, aucun vrai changement ne sera possible. L’exemple grec nous le prouve à l’évidence, où le Mélenchon d’Athènes, élu sur un programme de rejet de cette tutelle, a tristement retourné sa veste devant la pression européenne, avant de céder la place à la droite…
Alors, faut-il désespérer ?
Je ne veux désespérer personne, et surtout pas décourager les vrais militants des diverses chapelles de la gauche et de l’écologie, qui s’emploient déjà à préparer l’élection (mais chacun de son côté !). En fait, l’avenir est dans leurs mains, bien plus que dans celles d’hommes et de femmes un peu vite proclamé(e)s dirigeants historiques immuables, ou hommes providentiels… Comme disait le vieux Victor, « ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent… »
Bon, déformation d’historien, un petit mot encore. L’Histoire nous montre que, depuis 1789, les vrais changements sont moins ceux qui sortent d’une élection que ceux qui naissent d’une profonde secousse sociale et politique. Alors, si la campagne présidentielle permet de faire avancer des idées favorables à l’arrivée de cette secousse, tant mieux. Sinon, on a du souci à se faire."

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