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Révolte populaire. De 68 aux gilet jaunes
samedi 2 janvier 2021, par
Il y a un an, la lassitude et les premières annonces de l’épidémie signaient la fin (très provisoire) de la plus grande révolte populaire que la France ait connue depuis mai 1968 [1]. Révolte spontanée, sans véritables chefs, propagée en traînée de poudre grâce aux réseaux dits sociaux. Révolte interclassiste, chômeurs, petits patrons et petits artisans aux abois, travailleurs précaires, salariés menacés dans leur emploi par la mondialisation capitaliste, femmes sans revenus en grande solitude, intermittents… Révolte a priori apolitique, plus que défiante au début à l’égard des organisations politiques et syndicales (l’osmose était pourtant en route, Cf. cette vidéo où la manif de syndiqués entonne le chant des Gilets jaunes), et donc révolte qui ne pouvait triompher d’un pouvoir qui maniait d’un côté la trique (les fils du peuple engagés dans la police, les CRS, la gendarmerie, réprimant leurs frères de classe) et la logorrhée anesthésiante du Grand Débat pour les couches moyennes bien propres sur elles. Révolte qui n’a pas vraiment su, ou pu, embrayer sociologiquement sur les couches populaires salariées à l’emploi (provisoirement) garanti, et sur le réservoir explosif de la jeunesse des quartiers dits sensibles et des banlieues. Révolte qui, me semble-t-il, pose plus que jamais, bien que la question semble pour beaucoup passée aux oubliettes de l’Histoire, à la fois la nécessité d’un républicanisme radical d’union populaire [2], et la nécessité d’un véritable parti révolutionnaire, quelle que soit la forme que l’on voudra lui donner.
Car, quoi que l’on puisse penser, l’affaire n’est pas terminée.
[1] Je parle bien sûr de l’immense vague de grèves, blocages d’usines et de magasins, cortèges énormes, qui secouèrent la France alors que le pouvoir massait les chars autour de Paris et posait Massu en recours, avant de s’en sortir par l’appel triomphant aux classes moyennes tenantes de l’Ordre. Immense vague sociale bien occultée depuis par la polarisation sur les problèmes sociétaux. Cf. : Commémoration de mai 68 : l’aspect sociétal occulte le social et le politique