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Mario Draghi

dimanche 14 février 2021, par René Merle


En voilà un qui peut avoir le sourire !
Comme toute fiche Wiki vous le dira, Mario Draghi, élève des Jésuites et bientôt économiste, Banquier à la Goldman Sachs de sinistre mémoire, puis à la Direction générale du Trésor Italien où il se signalera par sa politique de dénationalisations, puis à la Banque d’Italie où il déploie ses talents néo-libéraux, et enfin à la Banque Centrale Européenne où il n’aura de cesse de demander aux gouvernements d’adopter une politique d’austérité. À son tableau de chasse, la Grèce de l’expérience Siryza qu’il fit passer sous ses fourches caudines, et aujourd’hui contempteur du « sans compter » qui a pu accompagner la crise du Covid, le voilà président du gouvernement italien.
L’Italie a souvent été pour nous le laboratoire de ce qui pouvait nous advenir. Eh bien, en l’occurrence nous sommes servis. À l’issue d’une crise déclenchée par le dissident PD très macronien Renzi, la voilà pourvue d’un gouvernement soutenu par tous les partis, à part les fascistes de Fratelli d’Italia qui avaient été contactés mais qui ont refusé, un gouvernement de techniciens « apolitiques » rejoints par quelques représentants des Partis, Droite de Berlusconi, Lega de Salvini, Centre gauche du PD, et en prime, bien sûr, l’incontournable Mouvement Cinq Étoiles contorsionniste qui, après avoir vilipendé le système, est arrivé au pouvoir avec la Lega de Salvini, puis avec le Centre gauche du PD. Il fallait le faire !

Emmanuel Macron portait le « En même temps ». Avec Draghi, c’est le « Tous ensemble » qui arrive sur les ruines de décennies d’échecs et de régressions, sur la faillite de toute la classe politique italienne. Le voilà qui clame : tous ensemble… Oui, tous ensemble pour tuer la politique dans une Union nationale de circonstance, sans programme et sans perspectives, sinon de surnager le nez hors de l’eau dans la crise sociale, sanitaire, financière et morale, et se proclamer « ambientalista », (du milieu)…
Affaire tristement à suivre.

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