La Seyne sur Mer

Accueil > Histoire, de la Préhistoire à aujourd’hui > Court XXe siècle, 1914 - 1945 > Italie, 1914-1945 > Montale, Non chiederci la parola

Montale, Non chiederci la parola

samedi 20 février 2021, par René Merle

Une des plus célèbres poésies de Montale, publiée dans son premier recueil Ossi di sépia (Os de seiche), Gobetti, 1925.
Je donne d’abord le texte, puis je le reprends avec une traduction.
Je traduis littéralement, vous trouverez ailleurs bien d’autres traductions plus littéraires, mais aucune traduction ne peut rendre le rythme du poème tel que nous le donne à entendre Vittorio Gassman (vidéo sans images, son seulement. D’autres vidéos utilisent de façon redondante l’image, mais le poème a-t-il besoin d’être transposé en images ?)

Non chiederci la parola che squadri da ogni lato
l’animo nostro informe, e a lettere di fuoco
lo dichiari e risplenda come un croco
perduto in mezzo a un polveroso prato.

Ah l’uomo che se ne va sicuro,
agli altri ed a se stesso amico,
e l’ombra sua non cura che la canicola
stampa sopra uno scalcinato muro !

Non domandarci la formula che mondi possa aprirti,
sì qualche storta sillaba e secca come un ramo.
Codesto solo oggi possiamo dirti,
ciò che non siamo, ciò che non vogliamo.

Non chiederci la parola che squadri da ogni lato
Ne nous demande pas le mot qui taille à l’équerre
l’animo nostro informe, e a lettere di fuoco
notre âme informe, et à lettres de feu
lo dichiari e risplenda come un croco
la proclame et la fasse resplendir comme un crocus
perduto in mezzo a un polveroso prato.
perdu au milieu d’un pré poudreux

Ah l’uomo che se ne va sicuro,
Ah l’homme qui chemine sûr de lui,
agli altri ed a se stesso amico,
des autres et de lui-même ami
e l’ombra sua non cura che la canicola
et ne se soucie pas de son ombre que de la canicule
stampa sopra uno scalcinato muro !
imprime sur un mur délabré (décrépi)

Non domandarci la formula che mondi possa aprirti,
Ne nous demande pas la formule qui puisse t’ouvrir des mondes
sì qualche storta sillaba e secca come un ramo.
mais bien quelque syllabe torse et sèche comme une branche.
Codesto solo oggi possiamo dirti,
Seulement pouvons nous te dire aujourd’hui
cio che non siamo, cio che non vogliamo.
ce que nous ne sommes pas, ce que nous ne voulons pas.

1925. Le premier recueil d’Eugenio Montale. Il a alors 29 ans.

Répondre à cet article

| Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 | SPIP