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Après Trappes, quelques réflexions

mercredi 24 février 2021, par René Merle

Je disais revenir sur ce que l’on appelle maintenant l’affaire de Trappes, à la fin de l’article Un seul parti, le parti de Dieu....
N’étant ni politologue ni politiste, et encore moins islamologue, mais simplement citoyen, je ne suis pas resté insensible à cette affaire que, sur un tout autre sujet [1] j’évoquais récemment (en aparté) par ces quelques mots lapidaires : « l’affaire de Trappes et tout ce qu’elle révèle de dits et de non dits ».
Je ne connais Trappes que parce que j’ai pu en lire, et notamment par l’ouvrage de Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin, La communauté, que j’avais évoqué dans un message précédent [2]
Je me garderai donc de porter un quelconque jugement sur la réalité de la ville. D’autant que l’emballement médiatique a peut-être fait oublier un contexte de complexes querelles municipales, que je ne peux que subodorer.
Par contre, je peux dire ici un mot sur des réactions « nationales » dans la presse « de gauche » qui m’ont interrogé.
Voyons d’abord dans son magazine Regards la réaction de Clémentine Autain, députée de la France Insoumise et candidate à la Région Île de France :
http://www.regards.fr/politique/societe/article/trappes-la-trumpisation-de-la-droite-francaise
Voilà le lanceur d’alerte Didier Lemaire rhabillé pour l’hiver !
Exagérations et mensonges, liés à un engagement politique à droite. Bref, il aurait mieux fait de se taire.
Mais voici une réaction antithétique dans Marianne :
https://www.marianne.net/agora/humeurs/affaire-didier-lemaire-un-bon-laique-est-un-laique-mort
Nous sommes au contraire ici sur une position de fond qui peut concerner tous les lanceurs d’alerte, dans une société qui a priori a déjà détourné le regard.

En tant qu’ancien enseignant, y compris occasionnellement de philo comme Lemaire, j’essaie d’imaginer quel impact peut avoir sur des élèves de terminale ce que Clémentine Autain appelle pudiquement la radicalisation islamiste, et dans quelle situation peut se trouver un professeur qui parle à ses élèves une langue pour eux étrangère…

Mais plus largement, je ne peux que répéter ce que j’ai si souvent écrit par rapport à la nouvelle question religieuse [3], le vieux Karl à nouveau peut une fois de plus se retourner dans sa tombe, quand défenseurs et contempteurs de l’islamisme se retrouvent pour analyser notre société non plus en termes de classes antagonistes, mais en terme de religions antagonistes… Piège mortifère.

Notes

[3Cf. par exemple mon billet de novembre 2020, un an après la manifestation contre l’islamophobie : Encore sur l’islamophobie.

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