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Un monde devenu "meuble" ? Le flux du temps...

dimanche 28 mars 2021, par René Merle

Un des thèmes récurrents de l’analyse contemporaine est le sentiment que est passé d’un monde solidement encadré par des catégories définitivement installé à un monde « fluide » en perpétuel mouvement [1].

Déformation professionnelle sans doute, je me permets une interrogation sur ce passage d’un monde immuable à un monde devenu « meuble ». À tort ou à raison, sans évoquer les grands basculements de l’Histoire, les grandes catastrophes guerrières ou sanitaires, j’ai la conviction que le sentiment de la désespérante fuite du temps, de la modification constante des structures sociales, politiques, culturelles, des cadres de vie, perdure depuis la plus haute Antiquité, en s’accompagnant constamment d’une référence à des origines mythiques. Sentiment qui souvent fait sa part à celui de l’inévitable fin. Les Étrusques, dit-on, avaient prédit la fin de leur existence nationale au terme de dix « siècles », et le compte était bon. Rome avait également le sentiment du destin inexorable qui ferait advenir la destruction après le règne dominateur.
Et quelle époque n’a pas connu le sentiment d’être « nouvelle », confrontée qu’elle est à de nouvelles inventions, de nouvelles découvertes, de nouveaux modes de vie. Que l’on compare la France de 1789 à la France de 1889...
Mais il est vrai que les mutations actuelles sont particulièrement rapides et spectaculaires...
 

Notes

[1Cf. par exemple de Valérie Charolles, Philosophie de l’écran dans le monde de la caverne, Fayard, 2013.
Présentation de l’éditeur :
« Inconnu il y a un peu plus d’un siècle, l’écran - cinéma, télévision, ordinateurs, téléphones - a envahi et bouleversé tous les secteurs de notre vie. Nous naissons, nous vivons et nous mourrons entourés d’écrans, et la vie économique et politique ne peut plus se concevoir sans eux. L’avènement de cette ère du silicium modifie profondément notre rapport à la réalité, mais aussi la régulation de la sphère marchande et la distinction entre le public et le privé.
A rebours des constats angoissés et passéistes, Valérie Charolles analyse ce changement de civilisation de manière très concrète et montre que nos cadres de pensées issus des Lumières sont inopérants dans cet univers en réseau, où le rapport au temps comme à l’espace est perpétuellement mouvant, rapide, fluide. Et c’est pour cela que nous avons de plus en plus l’impression que le monde est indéchiffrable et qu’il nous échappe.
Cet essai neuf et stimulant propose donc rien de moins qu’une révolution dans la pensée afin de pouvoir s’orienter dans l’ère du silicium. »

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