Accueil > Histoire, de la Préhistoire à aujourd’hui > XVe - XVIe - XVIIe siècles > De ma découverte du théâtre classique, Phèdre, Racine
De ma découverte du théâtre classique, Phèdre, Racine
samedi 29 mars 2025, par
En complément au récent article Du français en classe de seconde générale, et des échanges récents sur ce sut autour de la culture et de la lecture, je redonne ici un ancien article, pour illustrer comment je suis passé d’une indifférence (due à un contact raté avec la culture classique), à une découverte émerveillée. Les considérations qui suivent peuvent donc illustrer ma conviction que la culture dite classique n’est pas un gadget destiné aux "intellectuels", mais un bien commun qu’il convient aujourd’hui plus que jamais de défendre :
Défendre la "Culture classique" ne serait donc qu’un luxe d’intellectuel ?
Phèdre et Hippolyte, 1677, est l’apogée et la fin du théâtre profane de Racine [1]. Il n’avait que trente huit ans.
Il n’y avait pas de théâtre dans ma petite ville natale, et quand ensuite je me suis retrouvé enfermé dans le séminaire laïque de l’école normale d’instituteurs, au tout début des années Cinquante, la seule sortie culturelle, très occasionnelle, était celle des Jeunesses musicales.
Autant dire que j’étais un parfait béotien en matière de théâtre vécu, partagé en salle, avant mes années d’étudiant à Paris. Que de découvertes alors !
Dans cette rubrique "Souvenirs de théâtre", je vais ici focaliser sur Racine, que j’évoquais dans un récent billet, en citant La Bruyère.
Allez-y voir : Racine et Corneille
Pour commencer, Il y a eu le choc du Bérénice monté par Barrault, en 1955 à Marigny.
Choc qui me fit me précipiter sur le livre, tout frais sorti aux éditions du Seuil en 1952, que Barrault avait consacré à sa vision de Phèdre [2], sur laquelle il travaillait depuis 1942.
Par cette mise en scène, les vagues souvenirs d’avant la baccalauréat dès le début se gorgeaient de vie. Ainsi, dès le début, la sortie de Phèdre recluse s’éclairait d’une lumière solaire et d’une violence sensuelle, contrastant avec la froide virilité d’Hippolyte.
Acte I, scène 3.
Mes yeux sont éblouis du jour que je revois
[...]
Soleil, je te viens voir pour la dernière fois !
Et il faudrait parler de tout le montage symphonique de la pièce, sur lequel Barrault s’est si souvent expliqué.
Écoutons-le par exemple ici :
Mais revenons sur ce qu’écrit Racine de son héroïne dont la féminité épanouie est en fait fatalement victime de la vengeance d’Aphrodite, dans un conflit qui ne concernait pas la malheureuse.
Ni tout à fait coupable, ni tout à fait innocente... Racine en quelques mots signifie à chacun la complexité et l’inexorabilité de son destin d’être humain, engagé sans qu’il l’ait choisi, et subi tout autant qu’assumé...
[1] Racine renouera quelques années avant sa mort (1699), avec la tragédie, religieuse cette fois : Esther, 1689, et Athalie, 1691
[2] La pièce fut créée le 1er janvier 1677 par la troupe royale en l’Hôtel de Bourgogne, sous le titre de Phèdre et Hippolyte.


Messages
1. De ma découverte du théâtre classique, Phèdre, Racine, 29 mars 2025, 11:46, par Pierrot
Ah Jean-Louis Barrault ! Sais-tu qui est l’intervieweuse et le cadre de l’interview ? Si non, pas d’importance.
1. De ma découverte du théâtre classique, Phèdre, Racine, 29 mars 2025, 17:45, par René Merle
L’interview a été donné dans le cadre de la "télévision scolaire", fort active alors. Je ne sais qui est l’intervieweuse.
2. De ma découverte du théâtre classique, Phèdre, Racine, 29 mars 2025, 18:22, par Pierrot
Merci René !